Comédie ethnique de Joel Coen, Ethan
Coen
Avec Michael Stuhlbarg, Sari Lennick
Voilà le moment de parler de l'immense fossé qui sépare la critique professionnelle du public. Ce film marche très moyennement en salle parcequ'il est proche du chiant pour de nombreux publics. Alors que la critique se lisse le gland à coup de dithyrambes au gel de Guérande. Les frères Coen, qui sont des bons, ont atteint le statut d'intouchables. Comme en plus ils pratiquent le si excellent humour Juif, alors forcément, c'est extra. À cet instant le doute m'endoute. Bien sûr, on voit bien qu'il y a de la subtilité, de l'humour situationnel à effets mesurés. Sauf que. Losqu'on n'est pas juif, on a le sentiment pendant tout le film qu'il nous manque une croche pour apprécier la mélodie. Un peu comme la fugitive absence des bulles dans la bière anglaise. L'histoire : un américain moyen se fait un Sinaï de toutes situations nouvelles. Certaines sont réellement cocaces. Notre héros se fait des noeuds dans la tête, le fait qu'il soit prof de maths n'est à l'évidence pas un hasard, puisque durant ses cours, il met en équation les soucis du quotidien, à qui mieux pire. Enfin pour résoudre ses problèmes ce gentil ballot fait appel au rabbin. Il devra faire jouer la concurrence, car les rabbins, qui doivent en avoir souper-cacher de ce genre de blaireaux, ont chacun une technique d'esquive voisine du grand art. Les rabbins sont des sages. À la fin, l'horizon s'éclaircit quand le fiston passe sa Bar Mitzvah. Bien que shitté grave dans les toilettes de la synaguoge, il réussit sa lecture de la Torah devant une assistance fondante d'admiration. Là, on se rend compte qu'une étape est franchie et que toute la communauté est reconnaissante. Fin des soucis, Mazel tov. Happy-end ambigu, drôle et/ou dramatique, va savoir, on fait comme on le sens, mais le faut-il ? Là encore il nous manque le décodeur. Ou peut être n'y a t-il rien à décoder. Décidément, Joel et Ethan Cohen n'ont pas fini de nous destabiliser. Au fond, je crois que j'aime bien ça.

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