Aventure chronométrée de Danny Boyle
Avec James Franco, Amber Tamblyn
La mode est aux films de survie et là avec l'histoire vécue d'Aron Ralston, nous sommes en plein dedans. Un type tombe dans un canyon étroit (très), s'y retrouve captif, l'avant bras coincé par
un rocher, patiente cinq jours, puis lassé de la situation, se coupe le bras pour se libérer. Mr Jeremie Couston, critique acide à Télérama, n'y voit que l'opération juteuse qu'en fait la victime
en racontant son histoire et la promo que lui fait le réalisateur du film, c'est d'un fat urbain insupportable. Mais pourquoi les gens de cet hebdomadaire, vont-il voir ce genre de films, dès
lors qu'ils savent par avance qu'ils en diront le plus grand mal ?... J'ai la réponse : Pour caresser dans le sens de l'imposture culturelle leurs abonnés les plus claniques. Le critique avisé y
ajoute : «Le film aurait gagné à tendre vers l'épure, tel qu'aurait put le traiter Gus Van Sant». Certes, mais voilà, ce n'est pas le même auteur, on s'excuse, mais ça ne nous avait pas
échappé. Mr Couston, a une telle interprétation tordue des choses, qu'il semble avoir oublié que le cinéma est un art populaire où les sentiments naturels et les images en couleur qui bougent ont
un sens. Là je fais une fixette sur ce monsieur, parcequ'il a remis le couvert pour « Sanctum » dans le même numéro de ce journal-télé parpaillot. Ce systématisme est fatigant. Bon, le
film n'est pas mémorable, mais c'est vraiment du cinéma. Danny Boyle sait faire ça, il utilise des moyens cinématographiques... Mais si, monsieur Couston, cinématographiques, je dis bien. Au
fond de son trou, le garçon souffre. Oui monsieur Couston, et il fait des grimaces. Quand on souffre, une main coincée par un rocher, ou quand on se coupe un nerf au couteau bon marché, on fait
des grimaces, devant la caméra, forcément, on est au cinéma. Sinon pour vous plaire, le réalisateur aurait put "tendre vers l'épure", faire une reconstitution radiophonique, sur le ton "France
culture" par exemple. Enfin, vous m'en reparlerez, le jour ou vous vous foulerez l'index entre deux touches de votre clavier... mr Couston...
Le garçon a tout de même de la chance, il est coincé au fond du canyon, à pied sec. Il aurait put être coincé à 10 mètres du sol. Bref, il s'en sort, maintenant on sait comment. Danny Boyle fait
le tour de force de nous maintenir plus d'une heure dans ces deux mètres carrés de cailloux, au fond du trou du cul de je ne sais quelle Arizona... Et finalement ce n'est pas mal du tout. On se
dit qu'après il y aura peut être la suite : 127 heures-2... Aron est sauvé, il s'enfuit; bing ! se casse la figure et se coince le bras gauche... Si ça marche, il y aura 127 heures-3, rebelotte,
il se coince le pied droit. Puis 127 heures-4, le pied gauche. 127 heures-5 la bite et ainsi de suite. Vous avez raison mr Couston, ce Aron est un profiteur qui entretient sa rente en racontant
son histoire, c'est pas beau. Bon film, quand même.