invasionGuerre sur la planète terre de Jonathan Liebesman

Avec Aaron Eckhart, Michelle Rodriguez

 

Soudain les martiens nous attaquent pour nous coloniser en passant par la case anéantissement total. Or donc ainsi, la défense terrestre nécessite une action forte en gros bras tatoués. Pour un film mature, voilà qui serait un excellent sujet de réflexion sur la survie de l'humanité, l'héroisme et le sens du sacrifice. Histoire de renvoyer dans leurs cordes les nihilistes enfumés, voire participants au répondeur de Daniel Mermet. « Oh putaing cong, je dénonce, cong, une manipulation qui profite au grand capital martien, cong ». Au lieu de celà nous assistons à un mitraillage incessant, ponctué de poncifs patriotico-hamburgers pour teen-agers en rupture de jeux vidéos. C'est très spectaculaire dans la forme et très rançi sur le fond. Je raconte : un peloton de 15 marines dirigé par Aaron Eckart , viril jusqu'au coeur de la ride, traverse Los Angelès, sous un feu nourri et néanmoins martien, pour sauver des civils (quatre)... ça c'est de la gestion des forces armées. Les types en face (2,5m) sont composés de gelée de coing et portent une armure en titane. Pour les tuer, il faut : 1- Percer l'armure, 2 - Faire exploser la gelée de coing. C'est ce qu'on appelle le double effet Kisscool. Nous venons de faire à peu prêt le tour de l'intrigue. Il ne nous est épargné aucun clichés des films de SF tournés depuis 107 ans. "Comment mieux connaitre l'ennemi en le disssséquant, comment s'approcher de son QG pour mieux le détruire, mon enfant". Coté guerre, on se croirait dans l'un de ces vieux movie de propagande américains avec John Wayne, où Prédator remplacerait les bridés à face de citron. Aucune création, rien de neuf. C'est un « Indépendance day » sans le moindre romanesque. Boum, bam, crack, takatakatak. Faible film de guerre, lamentable film de science fiction. Il rejoint la cohorte des ouvrages sans espoir de succès en salle, dont la carrière est formatée pour le marché DVD. Prout.

 
World invasion

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Fighter s (2)Biographie cinématographique bourre-pif de David O. Russell

Avec Mark Wahlberg, Christian Bale

 

Micky est mal entouré. Boxeur, il est entrainé par son frère Dicky, lui même ancien boxeur de renom, qui ne manque pas d'expérience, mais qui hélas est cracké à mort. Quant-à sa mère, ménagère impérialiste, elle mène la barque en bonne grosse beauf'. Elle joue la manageuse, organisatrice et spécialiste en combats pouilleux. C'est que nous sommes en Etats-unis profonds très très moyens, là où les gâteaux sont faits de crème bleue. L'ensemble ressemble à une réunion de baltringues. Micky Ward vole de défaite en défaite, se fait casser la gueule par plus lourd que lui, mais tout le monde est content puisque tout le monde en croque. Quelques dollars et une bonne image en ville. Enlisé dans la médiocrité, Micky va rencontrer Adrieeeeeeene et tout va changer. Le sujet paraît maintes fois rabattu, où les losers s'affranchissent de leurs démons, pour gagner à la fin. C'est beau comme le premier Rocky sortant du caniveau pour accéder à la gloire; mais c'est surtout plus réaliste. C'est ce réalisme à la Ken Loach (pour comparer) qui nous embarque et fait la différence, telle que « Fighter » s'éloigne de la cohorte des banaux films de boxe. Le jeu des acteurs est exceptionnel et particulièrement Christian Bale, en allumé irresponsable plus que vrai. Un excellent movie.

 

Fighter gr 

 


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des hommes et des dieux sLente descente au paradis des gentils de Xavier Beauvois

Avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale

 

Ce film s’inspire librement de la vie des Moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996. Les pauvres furent massacrés. Et même ici, ça ne laisse pas place à la rigolade. En revanche, ce film a obtenu le César du meilleur film français 2011 et on voudrait bien savoir pourquoi. Je n'étais pas allé le voir parce que je m'attendais à voir des types en chemises de nuit, tournant entre quatre murs, figés du corps et de l'esprit, converser à mots feutrés sur dieu et l'humanité. Ponctuant à heures fixes leur vie de palourdes à coups de chansons creuses, du plus pur répertoire larmoyant catholique. Après son obtention du bloc compressé, j'ai donc décidé d'aller le découvrir sur le tard. Et oh surprise, j'ai très exactement vu ce que je m'attendais à voir. Ni plus ni moins. Ce film mérite à coup sûr le César de la prévisibilité. J'ajoute, qu'à ce point cela relève de l'intervention divine. Certes il y a un fond : l'humanité, la bonté, la tolérance, amen. Il y a matière à réflexion sur la foi, l'engagement, la foi, l'œcuménisme, la foi.... Mais plus pragmatiquement, on y voit des croyants au père Noël qui se font massacrés par des croyants au père fouettard. Sur le fond, personne ne nous fait la démonstration que ces pauvres bougres meurent parce qu'ils croient a des sornettes. Cette période de l'histoire algérienne a vu son lot de victimes. Le statut de moine semble néanmoins provoquer davantage de compassion, jusqu'à obtentir un sucre d'orge césarien pour un film moyennement intéressant et surtout très très chiant. Parce que ce n'est pas la valeur cinématographique du film qui est primée. On ne peut objectivement pas y croire. Mais c'est bien son ambiance curtonneuse qui emporte le morceau. Tellement digne, tellement sobre, tellement pudique... C'est grave docteur. Le film commence par le massacre de deux travailleurs croates. Ne doutons pas qu'eux aussi se posaient des questions comparables sur leur mission et leur présence en Algérie. Le film aurait-il été primé s'il n'avait parlé que d'eux « Des hommes et des pelles » ?

Des hommes et des dieux XL

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sans identité sStock car à Berlin de Jaume Collet-Serra

Avec Liam Neeson, Diane Kruger

 

Dans ce film, il est dommage que l'originalité du scénario n'aboutisse qu'à une course de stock car. J'explique : Notre cher Liam a un accident. Il s'en tire indemne avec des trous de mémoires sélectifs. Pire, son épouse prétend ne pas le connaître et prétend aussi être mariée à un autre. Une tête de flan tombée du ciel. Tout ça dans un contexte politico-scientifique très confusionnant. Voilà pourtant une histoire où il y aurait matière, dans la lignée des films d'espionnage, ambiance guerre froide. Mais hélas, on n'y observe qu'une liste hollywoodienne banale : Trois longues poursuites en taxi à 300 kilomètres heure en marche arrière sur les trottoirs, un inquiétant 4x4 noir avec pare-buffle et vitres fumées, deux tueurs tenaces, une victime innocente, des injections empoisonnées, une comparse au pied levé, un complot, un ex-agent de la stasi, une poursuite sur les toits, un monospace volant et enfin un feu d'artifice. Liam Neeson depuis Rob Roy et la liste de Schindler dérape chaque fois davantage vers des films que ne renierait pas Mell Gibson. Le final nous dévoile les véritables enjeux; où l'on apprend que le conflit d'intérêt tournait autour d'une découverte agro-alimentaire. La mise au point d'un super maïs, destiné à sauver l'humanité de la famine... gratuitement... sans blague, gratuit, je vous jure.... Du maïs, c'est bien une idée américaine à la con. Mais cette espèce de graminée poilue est sans intérêt. Elle est insipide. Il n'existe aucune recette décente avec cette oblongue grappe jaune poilue, à part celle du porridge à destination porcine. Personne ne veut être sauvé de la famine grâce à ce sous produit agricole. Désespérant, ce film très très moyen est à refaire, néanmoins il peut-être divertissant, un mardi soir, dans deux ans, sur TF1.

 
Sans-identite-XL.jpg

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127-h.jpgAventure chronométrée de Danny Boyle

Avec James Franco, Amber Tamblyn

 

La mode est aux films de survie et là avec l'histoire vécue d'Aron Ralston, nous sommes en plein dedans. Un type tombe dans un canyon étroit (très), s'y retrouve captif, l'avant bras coincé par un rocher, patiente cinq jours, puis lassé de la situation, se coupe le bras pour se libérer. Mr Jeremie Couston, critique acide à Télérama, n'y voit que l'opération juteuse qu'en fait la victime en racontant son histoire et la promo que lui fait le réalisateur du film, c'est d'un fat urbain insupportable. Mais pourquoi les gens de cet hebdomadaire, vont-il voir ce genre de films, dès lors qu'ils savent par avance qu'ils en diront le plus grand mal ?... J'ai la réponse : Pour caresser dans le sens de l'imposture culturelle leurs abonnés les plus claniques. Le critique avisé y ajoute : «Le film aurait gagné à tendre vers l'épure, tel qu'aurait put le traiter Gus Van Sant». Certes, mais voilà, ce n'est pas le même auteur, on s'excuse, mais ça ne nous avait pas échappé. Mr Couston, a une telle interprétation tordue des choses, qu'il semble avoir oublié que le cinéma est un art populaire où les sentiments naturels et les images en couleur qui bougent ont un sens. Là je fais une fixette sur ce monsieur, parcequ'il a remis le couvert pour « Sanctum » dans le même numéro de ce journal-télé parpaillot. Ce systématisme est fatigant. Bon, le film n'est pas mémorable, mais c'est vraiment du cinéma. Danny Boyle sait faire ça, il utilise des moyens cinématographiques... Mais si, monsieur Couston, cinématographiques, je dis bien. Au fond de son trou, le garçon souffre. Oui monsieur Couston, et il fait des grimaces. Quand on souffre, une main coincée par un rocher, ou quand on se coupe un nerf au couteau bon marché, on fait des grimaces, devant la caméra, forcément, on est au cinéma. Sinon pour vous plaire, le réalisateur aurait put "tendre vers l'épure", faire une reconstitution radiophonique, sur le ton "France culture" par exemple. Enfin, vous m'en reparlerez, le jour ou vous vous foulerez l'index entre deux touches de votre clavier... mr Couston...

Le garçon a tout de même de la chance, il est coincé au fond du canyon, à pied sec. Il aurait put être coincé à 10 mètres du sol. Bref, il s'en sort, maintenant on sait comment. Danny Boyle fait le tour de force de nous maintenir plus d'une heure dans ces deux mètres carrés de cailloux, au fond du trou du cul de je ne sais quelle Arizona... Et finalement ce n'est pas mal du tout. On se dit qu'après il y aura peut être la suite : 127 heures-2... Aron est sauvé, il s'enfuit; bing ! se casse la figure et se coince le bras gauche... Si ça marche, il y aura 127 heures-3, rebelotte, il se coince le pied droit. Puis 127 heures-4, le pied gauche. 127 heures-5 la bite et ainsi de suite. Vous avez raison mr Couston, ce Aron est un profiteur qui entretient sa rente en racontant son histoire, c'est pas beau. Bon film, quand même.

 

127-xl.jpg


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Photo--True-Grit.jpegWest terne de Ethan Coen, Joel Coen

Avec Jeff Bridges, Matt Damon

 

Seul contre tous Django, savait qu'il devrait dégainer sa critique plus vite que les adjoints des cahiers du cinéma. Ceux là avaient un avantage, ils avaient lu le dossier de presse. Ils étaient armés jusqu'aux dents, blindés, savaient tout de la filmographie des frères Coen. Grâce aux services de communication de la production, Ils connaissaient, jusqu'à la plus intime motivation des auteurs.  Par exemple, leur quête à travers les différents et mystérieux recoins des états et tutti quanti... Django avait compris depuis longtemps pourquoi les pommes dans le film étaient rouges et vernies comme au magasin Casino, ou pourquoi la gamine du film sortait de la rivière avec son pardessus de grosse laine parfaitement sec, ce n'était pas des erreurs de script; mais bien des clins d'oeil appuyés, une gausserie à l'égard du western à l'ancienne. Ses adversaires le savaient aussi, car c'était écrit sur la fiche. Django bien qu'ayant compris cette roublardise, y trouvait hélas peu d'intérêt, tant cet appel usé à la complicité tendait vers l'épure. Pendant deux heures, Django avait attendu qu'il se passe quelques chose. Il observa sans enthousiasme défiler des paysages, des chevaux et des sous titres à la longueur infinie. Django avait très mollement rebondit de fines touches en situations irrationnelles et s'était surtout fait chier. Le film était lent, avec des scènes interminables, que d'aucun classerait comme cheminement initiatique, mais qui ne renouvelait en rien le genre et ne faisait pas vraiment mieux que l'original "100 dollars pour un sherif" de Henry Hathaway.  Django avait aussi compris que la truculence des textes en Texan alcoolisé avait les mêmes résonnances pour un Américain, qu'en avait la partie de carte de Pagnol pour un Français, mais ce n'était pas inversible. Les frères Coen faisaient comme ils voulaient, leur maîtrise n'était plus à mettre en doute; mais à trop affiner la cuisine, les goûts disparaissent au profit de fugitives saveurs pour initiés démonstratifs. Voilà ce qui agaçait Django par dessus tout. Ce consensus suiviste inconditionnel, cette convenance et l'accord parfait de ses adversaires autour des deux frères. Ceux là devenus pour l'occasion les maîtres incontestés de ce coté-ci de la rivière. Django comptait bien dénoncer cette injustice. Il dégaina et fut foudroyé d'une balle en argent en plein coeur.

 
true-grit.jpg


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sanctum-s.jpgPlomberie en sous sol de Alister Grierson
Avec Richard Roxburgh, Rhys Wakefield, Alice Parkinson, plus

 

Nous descendons dans un trou, large et profond. L'un de ces trous mystérieux que certains attribuent aux Atlantes. Un probable passage vers l'intérieur de la terre creuse. Pour l'instant les mêmes adeptes de cette fumeuse théorie sont tourmentés par un autre mystère depuis les attentats du 11 septembre; une sorte de complot qui accapare toute leur attention. Voilà qui leur fait de la conversation. Mais que ceci ne nous éloigne pas du sujet. Ce trou est par conséquent un gouffre suivi de galeries pleines d'eau claire et frrr frrr. Une équipe de plombiers suréquipés descend déboucher un siphon et s'y fait piéger par la montée soudaine des eaux. Scénario classique dont nous suivons un épisode chaque été, pendant les démonstrations de claquettes des licensiés de la fédération française de spéléologie. Claustrophobie, panique, on apprend que la survie en groupe n'est pas une démocratie et que sous terre, dans les boyaux, sous l'eau, la mort rôôôde Un bon film d'aventure, pas compliqué, pour les spectateurs en recherche de décompression. Et ça pourrait le faire si ce n'était pas l'un de ces produits 3D, (argument majeur de l'ouvrage, je vous le rappelle). Si bien que pour quelques secondes de projection où l'on croit prendre des coups de palmes dans le masque, on doit supporter pendant deux heures une paire de lunettes de soudeur qui nous plombent toute luminosité. Dans un film sous terrain où il y a déjà pénurie de lumière cette foutue 3D est une catastrophe. Si bien que ce film moyen, possiblement divertissant, devient un machin gris sans relief lumineux. C'est dommage. Si vous aimez la spéléo et la plongée sans être exigeant sur le respect des règles, vous pouvez aller le voir, mais vous risquez de boire la tasse.

  sanctum-xl.jpg


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Black-Swan-l.jpgOrnithologie scénique de Darren Aronofsky

Avec Natalie Portman, Mila Kunis, Vincent Cassel...

 

Ce film est bien plus qu'une histoire de rivalité à coups de ballets entre deux danseuses étoiles. La première remarque est que ça fait du bien et nous change des clips de MCM; loin de « Je fais l'oiseau dans mon ghetto », ici on fait des signes à Tchaikovsky. Forcément pour suivre il faut quelques aptitudes en zique à l'ancienne, ambiance ballet classique. Mais finalement le film est bien écrit et on comprend. Voire si on est djeune, accompagné d'un cornet de pop corn, on y verra un film fantastique. Nina est ambitieuse elle veut ce rôle de première étoile dans le lac. Mais la pauvrette, bien que très bonne danseuse, est un peu coincée du cul et coincée toute courte. Entre une mère prise de place, une sexualité prise de main et des fantasmes prises de tête; nous cheminons indistinctement de la réalité aux cauchemars en passant par d'insistants grattages de dos (Nina se gratte beaucoup... la foune et le dos...). Bref Nina divague de cygne blanc en vilain petit canard et ça ne râte pas elle rencontre son cygne noir. Une copine à elle qui boit des cocktails à l'explosif. Tout ça n'est pas bien compliqué : le blanc et le noir, la vie plan-plan et le coté obscur de la force. Évidemment si on connait le ballet, on sait comment ça finit et justement ça finit bien comme ça, vu que le film tout entier est imbriqué dans l'œuvre ornithologique et musicale du maître. Scénario angoissant, un peu sanglant, à déconseiller aux enfants sages. Ne vous fabriquez pas une imposture intellectuelle en les y emmenant découvrir Tchaikovsky. Ce n'est pas fait pour eux, vraiment pas. En revanche ça devrait vous plaire, puisque ça m'a plu.

 danseur lac des cygnes [1]  
 

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Le-discours-d-un-roi-s.jpgSéance d'orthophonie de Tom Hooper

Avec Colin Firth, Helena Bonham Carter

 

Enfant, le futur roi George VI était gaucher. À force de se faire taper sur les doigts pour devenir droitier, le pauvre petit fut bien traumatisé. Son adolescence fut un enfer, imaginez la qualité des loisirs de ce jeune garçon à toujours devoir se servir de la mauvaise main. Les matelots fatalistes prétendent que c'est une façon de changer de partenaire, mais quand on est tout jeune, on traumatise et on devient bègue, voilà.

Donc le roi d'Angleterre George VI (1895-1952), père de la Reine Elizabeth II, souffrait de problèmes d'élocution. Ce film raconte comment un orthophoniste peu ordinaire, Lionel Logue, parvint à le guérir... Logue était un pédagogue empirique au talent avéré, surtout après ce client royal. Au début ce n'était pas gagné; imaginez en Angleterre un Australien mener une séance d'orthophonie... en Angleterre... un orthophoniste... Australien... je vous fais un dessin ?! Bon, à une époque ou la communication moderne prenait son essor, un roi bégue, ça la foutait mal. D'autant que de l'autre coté de la manche, le dingue à moustache brulait les planches au pas de l'oie. Le film relate les efforts de ce roi pour trouver la parole. L'affaire se déroule avec la grave légèreté qui convient à sa majesté. Dialogues nerveux et malins, situations quasi surréalistes, le film est drôle, enlevé et se double d'émotion pure quand George VI exhorte son peuple au matin de la seconde guerre mondiale. À ce moment il n'est plus bègue, il est roi.

Vous devri...vri, vous devriez a...a...a...aller vo...voir ce...ce fifilm. Il est tr...tr.., il est tr...très bien.

 

Le discours d'un roi XL

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Incendies sTragédie antique à ressorts par Denis Villeneuve

Avec Rémy Girard, Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin

 

« Incendies » est adapté de l'oeuvre théâtrale du québécois Wajdi Mouawad (Québécois, c'est écrit dessus). Nous voilà propulsés dans un pays anonyme, arabe, chrétien ,qui parle français. Cherchez, trouvez... Le film est âpre, angoissant; pris entre drame familial et recherche des origines. Entre secret inavouable et impossible pardon. À la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes; l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l‘autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. À première vue, ça n'a l'air de rien, mais à mieux y regarder, la mère Marwam a réellement pété tous les plombs. Qui résisterait au cauchemar de sa vie ? Ce testament est une tartine d'amer qu'on ne souhaite à personne, ou plutôt si, à son pire ennemi ( si vous en avez un en mémoire...). Dame Marwam sur la fin nous offre à lire ses sentiments entre amour, haine et pardon. Une sorte d'anneau de Möbius en tuyau de poële. J'en connais plus d'un qui ne verrait dans sa démarche qu'un caprice post-mortem, qui ne soulage qu'elle et détruit la vie de ses mômes. Parce que ces trois là (trois, ils sont trois, il faut suivre), prennent un sacré coup de poing dans les cotes, le spectateur aussi, de facto. On ne se remet pas d'un secret familial comme celui là, sauf peut être dans les fantasmes d'apprentis psychologues urbains considérant avec angélisme cette abomination, qui écraserait comme une fiente le plus Conan des barbares. La guerre, le terrorisme, la torture, la mort, tout ça nous est livré en un blot angoissant, construit tel un Légo affolé; en une sorte d'ovni cinématographique, qui ne laisse pas indifférent et nous agite l'intérieur comme un shaker. La photographie est un peu faiblarde et semble traitée au filtre anti lumière. La musique est bonnarde. Ce genre de film n'est pas projeté partout, forcément. Il faut faire un effort pour trouver la salle, mais il en vaut la peine. Allez-y un mardi, le mardi est un bon jour pour les films qui secouent.

incendies XL

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