Etude de moeurs de Albert Dupontel
Avec Albert Dupontel, Catherine
Frot
Traqué sous la mitraille suite à une arnaque indélicate, Le Vilain se réfugie
chez sa vieille mère. Celle-ci, fatiguée de vivre, cherche vainement à mourir. Le vilain apportera-t-il satisfaction à maman? Rien n'est moins sûr, car revenu dans le
vieillissant cocon familial, le vilain se retrouve confronté à son passé. Aaah fatalitas, la tortue familiale, revencharde, entreprend
de faire payer à ce vilain toutes les misères qu'il lui fit subir durant sa jeunesse. La tortue et le reste dépasse le mur du déséquilibre mental. Voilà une succession de gags et de situations
burlesques, liés par un scénario qui ne vaut que pour ça. Bon résumons. C'est un film très très con au sens noble de l'art con. Si vous n'aimez pas le burlesque vous n'allez pas aimer. Dommage,
vous ne connaitrez pas les délices du mal aux côtes et la jouissive violence du tapage sur les cuisses. “Le vilain” est un monument de la déconne; genre difficile et décrié, en tout cas genre
créatif. Déconseillé aux coincés du culturel “Le vilain” est une nouvelle performance menée par “Le créateur” de “Bernie”, reconnaissable à son fameux style inimitable et inimité. Ce mélange
inouï de fulgurance, d'intuition et de faute de script (il y en a une belle dans le film...). Moralité, Dupontel est dingue et le pire qu'il puisse lui arrivé serait qu'il se fasse soigner. Film
à classer parmi les sept merveilles du monde.
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Drame
sentimental fascisto-spaghetti de Marco Bellocchio
Avec Giovanna Mezzogiorno, Filippo Timi
Ida tombe éperdument amoureuse de Benito. Elle l'aime, elle
l'aime, elle l'aime. Benito s'en fout, il a d'autres chats à fouetter. C'est que Benito mussolinit (du verbe mussolinir). Bientôt Ida est grosse, (c'est souvent ce qui arrive quand on baise).
Alors Benito... eh bien Benito, rien.... Mussolini, je viens de vous le dire. Ida et Benito se marient, alors que lui est déjà marié, ailleurs. À ce moment vous sentez venir l'embrouille? Ida
donne naissance à un fils que Benito reconnaît. La situation peu tenable énerve gravement les deux femelles, ça chie. Bientôt Benito rejette Ida et ce fils, ça chie encore plus fort. Eh bien je
vais vous dire, le cinéma italien n'est pas mort car Marco Bellochi filme encore. Ce thriller sentimental est bien vivant. D'accord, l'histoire n'est pas rigolote, mais c'est une vraie bonne
histoire, qui en fait un vrai bon scénario. Ce film est rythmé, riche en son et en images qui bougent. Ça parle avec les mains, ça éructe, ça gueule, ça court, ça fume, ça viva Italia dans tous
les sens; entre les deux guerres. Les documents d'archives, alternés dans le récit, apportent, mieux que des effets spéciaux, la touche historique et réaliste nécessaire à ce cruel roman photo à
l'italienne. « Vincere » est un captivant moment de cinéma, intelligent et instructif, Le traitement général est classique, mais servi par un montage moderne, dynamique. C'est un vrai
spectacle dont on se repait sans en perdre une miette. Bon d'accord ça ne finit pas bien, mais quand on tutoie le diable, on se brule aux flammes de l'enfer. C'est hélas ce qui arrive à
Ida.
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Réalisé par Armando Iannucci
Avec James Gandolfini, Peter Capaldi, Steve Coogan, plus
Entre Londres et Washington, les gouvernements britannique et américain se livrent à des tractations alambiquées ayant pour fond une éventuelle invasion d'un
lointain pays au moyen orient... Humour britannique dit-on, dialogues etc... Mais à propos des effets humoristiques, peu de choses, sinon la démonstration d'une vitrine politicarde où l'on
chipote sur la mauvaise formulation d'un ministre étrangement neuneu, alors que dans l'arrière boutique règne un langage ordurier au rythme frénétique. Voilà, pas de quoi hisser l'oignon-Jack.
Croyez-moi, j'ai une grande expérience en vannes lourdingues, eh bien j'affirme en avoir entendues de bien meilleures sur les chaînes de chez Peugeot. Bref je ne vais pas m'attarder à critiquer
ce que je n'ai pas réussit à suivre. Il paraît que l'acteur qui interprète le directeur de com. british, fait des tmèses super rigolotes à tours de langue (désolé, il va vous falloir consulter le
dico). Après une heure de projection j'avais bien une idée de ce qui se passait, mais avec autant de personnages désincarnés, sans intrigue, je ne m'occupais plus que de mon nez avec mon doigt.
En gros ce qui se passe dans les couloirs de la politique, c'est pile-poil ce qui se passe dans les couloirs de la boite où vous allez bosser, à reculons, tous les matins. Quant-aux tmèses
en anglais... hein, je vous demande un peu... Justement si vous ne parlez pas couramment l'Anglais, (quand je dis couramment c'est couramment) eh bien n'allez pas voir ce film. C'est simple. Et
ce qui est incroyable, c'est que personne ne vous l'aurait jamais dit, si je n'étais pas là.
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Drame délicatement doigté de Lucas Belvaux
Avec Yvan Attal, Anne Consigny
Stanislas Graff est patron, premier actionnaire et président d'un groupe industriel.
C'est un poste qui gagne des sous. Des malfrats le kidnappent pour soutirer une copieuse rançon. Pour preuve de leur bonne foi, ils coupent un doigt à Stanislas et l'envoie par la poste à sa
bergère. La pauvre est très choquée, c'est le majeur. Lucas Belvaux nous aspire dans cette angoissante épisode inspirée de l'affaire du Baron Empain et ne nous lâche plus. Les scènes de séquestration barbare, succèdent à celles des tractations policières,
professionnelles et familiales. Dehors la presse salit la victime, sans doute parce qu'elle est riche. Tout cela n'est pas joli joli. À l'époque personne n'était tendre, (pour ceux qui s'en
souviennent). « Le baron en bave mais n'en bavera jamais autant qu'un ouvrier sur la chaîne ». C'est ce qu'on disait. Ses frasques, ses maîtresses, le jeu, tout remontait à la surface
et voilait la souffrance endurée par cet homme. Comme-ci la souffrance n'appartenait qu'aux pauvres. Voilà pour le volet remember radio-trottoir. Le film colle au plus près, ça discute autour de
la caution, beaucoup de ces administrateurs, crocodiles de couloirs feutrés, ont peur de la ruine. Être ruiné à ce niveau, ce serait pour vous et moi une situation dont on n'ose à peine rêver.
Stanislas, finit par s'en sortir. C'est le second volet du film. S'il est blessé dans sa chair les autres sont blessés à la moralité du portefeuille (un concept d'en-cravatés). Ils lui renvoient
un ascenseur sans câble, Stanislas découvre l'exclusion. De victime il devient coupable. On lui retire tout... enfin on l'oblige à tout vendre... Il est ruiné, comme ce que je disais.
Affectivement il lui reste son chien et puis rien... Plus tard, le baron réapparu, différent, semblant plus proche de nous. C'est vrai qu'il en avait bavé.
Si vous ne comprenez pas la vanne, faites Google, ça devrait le faire...
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Baraque foraine affolée de Terry Gilliam
Avec Heath Ledger, Johnny Depp, Jude Law, Colin Farrell,
Christopher plummer, Lily Cole.
Le docteur Parnassius partage son imagination avec qui devient client de son étonnant « Flying
circus », une baroque roulotte foraine, tirèe par des chevaux. Hélas le bon docteur a quelques soucis. Un jour il négocia une entente commerciale avec un adepte des propositions qu'on ne
peut pas refuser, le diable en personne. Un insistant qui colle aux basques. On peut ne pas aimer ce film. Le trouver agaçant, trop riche. Mais on ne peut nier cette pure et généreuse expression
de l'imagination. L'imagination, justement Parnassius en parle à regret, la voyant disparaître, au profit d'autres consommables. Peut être s'efface-elle aussi en vieillissant, le désamour du
genre vient peut-être de là. « L'imaginarium » n'est pas distribué dans de trop nombreuses salles. Et c'est une bien triste constatation, quand on voit la critique bourgeouille encenser
un film lent et gris , référant au génie, alors qu'elle pince sa bouche-anus à l'approche de « L'imaginarium ». C'est pour le coup faire preuve d'un grand manque d'imagination. Il nous
encercle, nous cerne. Regardez autour de vous, c'est terrifiant. Même le public populaire y perd ses repères pèpères, la fin du monde fait salle comble. Un jour l'imagination a été appelée au
pouvoir, elle a tenté de le prendre puis, échouant en quelques décennies, nous a offert un nain sans classe, couronnement de l'inculture aux goûts de chiottes; au contraire de Verne Troyer
« Percy », l'acteur de petite taille du film. « L'imaginarium du Dr parnassius » est encore un de ces ovnis qui nous accompagnera longtemps. De ces films rares, intelligents
et poétiques. En réalité Terry Gilliam n'est pas génial, c'est un garçon simple. Il sait seulement que le cinéma se compose d'une histoire et d'images. Après c'est une affaire d'humour. Enfin si
vous n'allez pas voir ce film, apprenez que j'ai signé avec le malin un pacte vous concernant; vous et vos choix cinématographiques.
Aujourd'hui pas de dessin, mais la bande annonce de cette oeuvre déjantée.
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Chantier bordélique de Xavier
Giannoli
Avec François Cluzet, Emmanuelle Devos
Petit escroc sans envergure, Philippe Miller relance, sans vraiment le vouloir,
un chantier abandonné. Il récupère l'affaire en zigzagant, improvise, entreprend, construit, se prend au jeu. Tiré d'une histoire vraie, vraiment vraie; notre héros réussit à se faire passer pour
un chef de chantier détaché d'une grande entreprise de T.P. pour diriger la construction d'un tronçon d'autoroute. La région ne demande qu'à se faire duper. La commune impliquée, ivre d'espérance
voit sa renaissance dans la relance de ce chantier. Le bourg est en émoi. Du restaurateur aux entrepreneurs, les réseaux se mettent en branle. Ce chantier c'est l'emploi, c'est la vie. Pas celle
du « travailler plus pour gagner plus » des ignorants cyniques, non. Mais celle de la belle vie, pleine heureuse. Là où chacun trouve son compte. Cette chaine qui relie les élus aux
habitants en passant par les entreprises locales. Là où les laissés pour compte retrouvent une nouvelle chance, un nouveau sens à leur existence. Les engins traversent le village, triomphants,
comme une colonne de chars Sherman en Normandie. Une petite escroquerie individuelle devient une ile d'espérance collective et l'escroc s'élève, change et devient bâtisseur. Un bien bon
film.
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Superstition spectaculaire de Roland
Emmerich
Avec John Cusack, Chiwetel Ejiofor
En 1577, José Ricardo di Burgo i
Piscarolo, entrait complètement bourré dans une demeure de plein pied, faite de granit rose de Colombie. Là, il tombe nez à nez avec un indien, qu'il transperce sauvagement de son pénis
puis de sa rapière. L'indien se nommait Atamaltek, il était fonctionnaire au service de l'état maya. Sa fonction était d'établir le calendrier des postes. Atamaltek était très travailleur et
avait pris de l'avance sur le planning de l'administration, si bien qu'il avait établi toutes les grilles de calendrier jusqu'en 2012. Hélas suite à l'apparition impromptue de José Ricardo dans
son bureau, la grille 2013 et les suivantes ne furent jamais établies. D'où cette nouvelle superstition neuneue de fin du monde, qui donna naissance au film « 2012 ». Bon, dans le film
tout fout le camp. Un tsunami géant noie la chaîne de l'Himalaya, la terre se soulève. Un avion fait un gym-kana entre des gratte-ciel qui s'effondrent bien droits, d'un bloc, sur le coté. Les
autoroutes s'emmêlent, les voitures tombent en klaxonnant dans des crevasses sans fond. Une poignée de survivants rament pour nous intéresser à autre chose qu'à des effets spéciaux très
spectaculaires. Ce film est en effet truffé d'effets spéciaux très spectaculaires et même aussi d'effets spéciaux très spectaculaires. Le scénario est naze, voire débile profond, le jeu des
acteurs parfaitement vain, l'histoire est nulle, sans enseignement. Nous sommes dans « deux mille bouses », le film de Roland Emmerich, qui va gagner beaucoup de pognon avec. En même
temps, une telle mise en oeuvre fait travailler beaucoup de monde, alors on ne va pas se plaindre. Là je me sens un peu hors sujet. Tu me diras que le sujet vaut assez peu pipette pour qu'on s'en
écarte. Donc 2012 est l'une de ces bouses attendues comme on les aime, juteuses et odorantes. Du grand spectacle con mais bon, dont on aurait tort de se priver. Golo content, Golo
aimer.
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Comédie humoristico-philharmonique De Radu Mihaileanu
Avec Mélanie Laurent, Aleksei Guskov
Comme disait un journalisse « Radu Mihaileanu, nous transmet une part de son âme slave »... ce qui
est fort bien vu, attendu que Mihaileanu est Roumain... on est tordu de rire. Mais admettons. Le tempérament slave n'est pas si étranger aux latins des Balkans. Ce film est d'abord une comédie où
les personnages sont caricaturés à la faucille et au marteau; t'as qu'à voir : Les russes sont inconséquents et bourrés à la vodka, les juifs sont d'astucieux commerçants et les tziganes de gros
magouilleurs de terrain. Voilà pour la partie comédie à la limite du politiquement correct dont on se cogne. Elle vient avec bonheur en contre point d'une aventure émouvante sous forme de
symphonie : Andrei Filipov le plus grand chef d'orchestre de la très regrettée union soviétique brejnevienne, est salement congédié pour avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs. 30 ans
après, il travaille toujours au Bolchoï mais comme homme de ménage, quand une opportunité vient à passer. Andrej embraye sur l'occase et relance son orchestre. Il compte bien le produire à
Paris, au Chatelet, sous l'estampille Bolchoï. Imposture. Il reconstitue son ensemble avec ses anciens musiciens, tous devenus en 30 ans d'inénarrables baltringues. Comme Andrei ne fait pas dans
la facilités, il s'engage à produire le concerto pour violon en ré majeur de Tchaikovski... Par la force des circonstances celui-ci sera exécuté sans répétitions... les connaisseurs apprécieront.
L'histoire est portée par la musique qui à chaque fois, au bon moment, nous enveloppe d'une émotion.... heu comment dire... poignante ? Oui c'est ça, poignée à la gorge. Bien sur ça ne se fait
pas sans peine. Le début du concert vaut dix sur l'échelle de Richter des orchestres à la dérive. Et nous voilà happés par le mariage contre nature d'une comédie débridée et d'un concerto
envoûtant. Du rire aux larmes, dirait le commentateur imaginatif. Si la qualité d'un film se mesure à l'émotion qu'il procure, celui là fait carton plein. Donc vous y allez de ma part, sans
oublier les mouchoirs; car que vous riiez ou que vous pleuriez, vous en aurez besoin.
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