Cinéma de l'extrême, turlupinant, de Michael Haneke
Avec Christian Friedel, Ernst Jacobi


Comme en sport, il y a des cinémas de l'extrême. “Cannon ball” est un film de l'extrême, “Le ruban blanc” en est un autre, dans un genre différent. Ils se valent, chacun étant clientèliste. “Le ruban blanc” quant-à lui est turlupinant. Le film turlupinant se différencie des autres films; il ne laisse rien comprendre spontanément. Les autres sont péjorativement dits “livrés clé en main”. C'est que le film turlupinant ferait davantage réfléchir... Hélas pour ce "ruban", la réflexion qu'il produit provient seulement de sa forme volontairement illisible, sa lenteur démesurée à communiquer l'information. Une sorte d'inconfort intellectuel, un inutile effort de décryptage qui fait croire à de la réflexion. C'est une imposture accompagnée de tout l'attirail des films turlupinants, dont le noir et blanc. Tous les outils qu'affectionnent les urbains snobinards qui se reconnaissent et s'auto-congratulent pour leur belle appartenance au même club des gens cultivés, de bon goût. “Le ruban blanc” surfe sur une idée simple "Le rigorisme n'est pas épanouissant et peut produire des monstres". Ah bon d'accord... des monstres qui furent possiblement les acteurs prédisposés du nazisme.... oui, oh, ça alors... Voilà qui s'appelle une analyse vue de sa fenêtre... et le libre arbitre, c'est du poulet ?? Somme toute, soyons tolérants,  l'hypothèse et la démonstration seraient intéressantes. Mais qu'elles dépassent la durée admissible pour leur traitement, les rend grandement insupportables. 1h15 oui, 2h24 bonjour les dégâts. Maintenant Imaginons le même sujet réalisé par Bertolluci ou Ermanno Olmi... ah ben… oooh... aaah... Donc “Le ruban blanc” est seulement un film turlupinant sans rien, ça s'arrête là. La preuve, je me suis turlupiné pour écrire ce texte vain. Allez donc le voir, est revenez ici, dans la case commentaires, nous nous turlupinerons ensemble. Ah j'oubliais.... absence de musique, ça en dit long sur la branlette cinématographique intello.

086Théatre

 


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Western dégling' de James Huth
avec Jean Dujardin, Alexandra Lamy, Michael Youn, Sylvie Testud...

Nous voilà en compagnie du cow-boy belge le plus chanceux du coté ouest de l'océan. Sauf que par moment on est un peu perplexe. Soyons technique. Le montage est mou des genoux et Luky Luke tombe dans le dommageable travers des interprétations de bd. Mettre dans un seul film de 2 heures tous les personnages rencontrés par notre héros au fil de toute sa vie de papier. Il n'y manque que les frères Dalton, on se demande bien pourquoi. Si bien que notre Luky devient plus ou moins pote avec  Billy the Kid, Jessie james et Calamity Jane contre Pat Poker, dans une lutte écrite à la machine à coudre en biais. On frise le nanar. Sauf que. Et c'est là toute la magie du cinéma. Le film est truffé de bonnes idées rigolotes, de gags bien menés. L'ensemble servi par un casting au poil. La Testud en Calamity Jane vaut à elle seule le prix du billet. On notera aussi Jolly Jumper interprété par une jument arabe, qui apprit le Français en moins de trois mois pour les besoins du film (elle a ses papiers en règle et tout). Et puis, et puis.... il y a les costumes. Alors là, chapeau la costumière et ses petites mains, c'est du soigné. Et les décors, ah les décors, originaux, bringuebalants, architecturesques,  c'est du beau boulot, vraiment. Les paysages, oooh non d'une pipe, les paysages. Du grand repérage, On renoue ici avec les fabuleux moments du western en cinémascope. Tout ça est bien joli, à cheval entre le spaghetti et l'épopée hollywoodienne. Bref, si vous aimez les bons acteurs, les idées tordues-gagesques et tout les aspects visuels, vous allez adorer. Si vous aimez les bons scénarii... heu... ça ne va pas le faire. Enfin tout de même, c'est un excellent divertissement pour le dimanche aprem' . Vous ne le regretterez pas.


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Science fiction déjà vue de Jonathan Mostow
avec Bruce Willis, Radha Mitchell


Imaginez que vous préfériez rester sous la couette plutôt que d'aller vous exprimer pleinement dans votre merveilleux milieu professionnel. Vous auriez alors besoin d'un répliquant, un robot, un clone cybernétique pour vous remplacer sur votre exaltant lieu de travail. Voilà c'est toute la thématique du film. C'est évidemment de la science fiction. On part du postulat improbable que tous les braves gens sont des paresseux peu vaccinés au fameux fluide magique « travaillez plus, pour gagner etc... ». Donc forcément, tout ce qui s'agite est essentiellement composé de rouages et de petits moteurs discrets sous apparences humaines. Les vrais humains, pendant ce temps, restent au pieu et attrapent des escarres. Toutefois une frange de la population refuse ce système. Elle veut continuer à péter et à roter humainement, sans contraintes et sans pour cela recourir à l'intermédiaire d'une créature de Frankenstein. Ça complique le scénario. Enfin compliquer c'est vite dit. Sur le fond ça devrait nous donner une petite base de réflexion. Ça devrait, parce que le sujet a déjà été exploité en mieux. Là, malgré un Bruce willis de chez Swatch (le robot) et le vrai Bruce Willis qui saigne et qui sent sous les bras (ce qui nous fait deux Bruce Willis, si je ne m'abuse) eh bien ça ne décolle pas. Bref des meurtres de robots  entraînent la mort de leur propriétaires. Le fbi enquête avec des clones de vrais flics, qui pendant ce temps se tripotent les glandes au soleil. Et paf, soudain ça s'arrête. Le film ne dure que 1h25. Court. Si vous avez une vingtaine d'années et que vous n'avez pas vu Blade Runner et les 20 séries B qui suivirent, ça peut le faire. Mais franchement ça ne casse pas les briques.

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Entremet Franco-Russe De Christian Carion
Avec Emir Kusturica, Guillaume Canet


À Moscou, l’espionnite ça pouvait vous prendre à tous moments par derrière; dans une file d’attente chez l’épicier, ou autrement. Bref comme je vous dis, si vous ne faisiez pas attention, vous vous retrouviez avec un colonel Sergueï Grigoriev calé sur le banquette arrière de votre Lada. Dans le film, le Colonel est interprété par Kustu, j’adore Kustu. Il fait bien le colonel malgré sa morphologie de slave du sud, mangeur de tchévap. Guillaume Canet fait le Français. Il paraîtrait, d’après le film, que les Français en espionnage sont toujours un peu à l’ouest. Le colonel Kustu voudrait bien faire tomber la grande union soviétique. Il est un peu seul. Alors il donne toutes les recettes de goulasch à Guillaume Canet, qui les refile à Miterrand-Louis-XI. Mitterrand n’aime pas les choux rouges et  fait son rototo sur l’épaule de Reagan (qui, à ce moment rêve d’être John Wayne). Comme vous le voyez, c’est un film d’espionnage inspiré d’événements réels, avec des personnages et une publicité pour les appareils photo Minox  parfaitement authentiques. Le scénario est simple comme la DGSE et fonctionne très bien. On est loin des scénarii imbittables façon Hollywood, des effets spéciaux et des implants explosifs, qui font courir le personnage principal plus vite que le transsibérien. Là c’est clair. Les espions, leurs épouses contrariées, les chefs d’états, le KGB, les vopos, les interrogatoires serrés, sont là pour faire un bon film qui, s’il manque un peu de ressort, se laisse bien regarder.


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Drame façon Ken loach de Andrea Arnold
Avec Katie Jarvis, Kierston Wareing

D’abord y a la mère qui picole et qui jure, qui n’en a rien à faire de sa progéniture. Après y a la plus petite, qui na pas toutes ses dents qui apprend des gros mots et qui fait chier tout le temps… Aussi il y a l’amant, lui n’a qu’une seule idée c’est de tirer maman. ou la fille de maman On croit qu’il est sympa, au fond il n’est pas là ou bien il fait semblant…. Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, ça ne va pas, Monsieur… Non, ça ne va pas.  Et puis…. Et puis il y a Mia. belle comme un hortensia, fine comme un spaghetta, qui danse comme un zyva pour se sortir de là... A 15 ans, Mia est une adolescente rebelle avec une unique passion, la danse hip hop. Ça fait un peu comme "Fame", mais en mieux. En même temps ce n’est pas difficile de faire mieux que " Fame ". Bref, elle danse pour se changer les idées, s'éloigner de cette situation sociale qui craint. C’est une recette que l’on connaît et qui marche. Certains c’est le foot, la course à pieds, la boxe; quand on est un peu bourge, c'est le psy... Pour Mia c’est le Mia  Il faut dire qu’elle vient de loin, mal embouchée comme un charretier, mal aimée, Mia a une vie dont on ne voudrait pas, On préfère et c’est sûr, la voir danser comme ça. Excellent film réaliste, visible par des gens normaux. Mais n’y emmenez ni trompette ni crécelle, car l'ambiance est très moyenne.


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Guerre atypique par Kathryn Bigelow
Avec Jeremy Renner, Anthony Mackie, Brian Geraghty


Bagdad. Le lieutenant James est à la tête d'une unité de déminage de l'US Army. Leur rôle est de désamorcer des bombes dans des quartiers civils ou des théâtres de guerre, au péril de leur vie. La situation locale est encore explosive; on peut le dire comme ça. À Bagdad, les moyens pour jouer avec les pétards sont d'une sophistication inouïe. les Bagdadis ont des recettes  de feux de bengale plein leurs cartons. Du camion citerne à la ceinture explosive, et je ne vous dit pas le camion citerne avec sa propre ceinture d'explosifs. Sophistiqué je vous dis. Bref le lieutenant james adore ça... d'ailleurs il n'aime que ça. Jouer avec des petits fils électriques de couleur reliés à des détonateurs, c'est sont mikado quotidien. Le lieutenant ne rit pas à la face de la mort. Tout simplement ce boulot le fait bander très fort, plus que tout au monde. Ne croyez pas à un film de guerre avec un héros. Ces soldats là font vrais, dans une guerre où la patate peut arriver à tous moments sans qu'on sache ni pourquoi, ni comment. Rien d'heroïque, des griffetons qui, pour tous loisirs, se bourrent le buffet à coups de poings pour rigoler (si on a de bons abdos, c'est vraiment rigolo). Des soldats qui picolent aussi, rien de très original. On ne fait pas la guerre en machant des marshmallows. La guerre n'est jamais belle dit le commun, alors quand on peut balayer sa crasse, ne serait-ce qu'un instant, on ne fait pas dans le loisir bobo. Certains y trouvent leur compte, comme le lieutenant James y trouve sa vérité. C'est risqué, excitant, au point quelques fois de remettre le couvert. Voilà, le lieutenant suit son destin. Adieu, femme, enfant, supermarché, Ikea. Ne pleurez pas, Papa est à la guerre.



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De Robert Guédiguian

Avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin

 

Le groupe Manouchian. Des résistants français durant l’occupation. Enfin Français c’est vite dit... On est tout de suite mis dans la confidence dés le début par l’égrainage de noms imprononçables, morts pour la France. Des Arméniens, des Juifs de tous les horizons, des Espagnols, des italiens, des métèques. Robert voulait leur rendre hommage. Il a bien fait. Je dis Robert parce que Guédiguian fait partie de ces gens qu’on appelle par leur prénom et qu’on tutoie tout de suite. Enfin j’aime avoir cette impression. J’aime Robert et son cinéma marseillais. J’aime sa patte, son style son talent. Là, il est un peu à contre emploi et pas de chance avec « L’armée du crime » il ne peut échappé à la comparaison avec d’autres films du genre, plus spectaculaires. On le sent moins libre. Un peu crispé, peut être. Moins consommateur d’effets spéciaux sûrement. C’est que le sujet doit lui tenir aux tripes, alors il ne veut pas complaire. Voilà pour les réserves. Le groupe Manouchian est entré dans l’histoire et ici elle nous est bien racontée. Terrible et bercée par les chansons insouciantes de Trenet et Chevalier... On peut débattre de l’opportunité de dessouder en ville de simples griffetons ou une patrouille de gendarmes, mais les démontages d’officiers ont toujours eu bonne cote. Alors Il fallait bien qu’il nous raconte ces femmes et ces hommes aux noms exotiques qui coururent des risques et moururent pour leur pays d’adoption. Et puis ce film tombe à point nommé, comme une grenade pédagogique. Parce qu’aujourd’hui on sait que ce genre de gens, pris séparément, ça va, mais qu’ils posent problème dès qu’ils  sont plusieurs. Enfin ça m’a aussi fait plaisir qu’il nous cite Henri Krazucki, les camarades apprécieront. Merci Robert.



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De Neill Blomkamp
Avec
Sharlto Copley, David James

Aaah que ça fait réaliste. Tout le monde glose pour le réalisme du film. Tu parles, la touche réaliste est apportée par la forme « télé reportage ». C’est d’ailleurs une tendance en ce moment, le cinéma use de ce stratagème à l’envie. Une telle référence ne fait pas « réaliste », elle fait tout simplement peur. A part ça, le résultat donne un caractère peu commun à l’emballage. Nous sommes dans un film de science fiction qui sent la décharge municipale, les chiottes bouchées et les pieds pas propres. Une bande d’extra terrestres tombent en panne d’essence et gare leur camping  derrière la station d’épuration où font généralement étape les gitans et les gens du voyage. Ils bénéficient du même traitement. A la différence qu’un plein de fuel ne suffira pas pour les faire partir. La recherche de leur mystérieux carburant peut prendre des années (20). Pendant ce temps c’est le foutoir. Habitat, conditions sanitaires, et ravitaillement sont catastrophiques. Pour le reste, activités grises, trafic, marché noir... Un vrai paradis sur terre pour des crevettes de 2m10. S’amènent un fonctionnaire neuneu, un service d’ordre mercenaire et une bande de nazes sortie tout droit du néolithique avec des kalachnikov, l'Afrique telle qu'en elle même. Ça ressemble à un concours à qui voudrait être le plus con. Au début on croit à un film burlesque et puis on se laisse prendre au jeu. C’est franchement pas mal. Ça change. Ça vaut bien un petit classement au top.



René a bien aimé District 9, Il nous en cause...



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De Mathias Gokalp

Avec Jean-Pierre Darroussin, Denis Podalydès, Mélanie Doutey  

 

Non, ce n’est pas un film où on amène les gosses, ils croiraient à une tentative d’abandon dans le noir, sans petits cailloux blancs. Dés le début, j’ai bien failli me planter un kimcone dans l’oeil... et puis après... après avoir sucer un bâton acidulé jusqu’à la poignée, je me suis laissé prendre par ce récit instructif. Une réunion d’entreprise avec champagne et petits fours, genre « On fête la réalisation du forecast 2009 », tout ça dans un décor pas commun.  En fait ce flying circus est une réunion d’enculage de mouches façon coaching pour cadres, les malheureux. Dans la salle se cachent des comédiens et circulent des matons en vestons rouges pour évaluer, leurs réactions. L’auteur semble très documenté du coté de l’entreprise et de ses collabos. Il nous embarque dans un grand huit truffés de rebondissements malins. L’écriture du scénario est une sorte de spirale ascendante, où les scènes se répètent et s’étoffent à chaque tour comme un tourner manège de l’oppressant monde du travail. Celui qui s'exprime dans bien des entreprises, si vous voyez ce que je veux dire... Ah oui dans votre boite aussi ?!... Ah bon, d’accord... Bien, en tout cas, si on tient jusqu’à la fin, il faut reconnaître que ce film est  du grand art. Darroussin est parfait comme d’habitude, chiant mais parfait. Conclusion : C’est un bon film, mais pas commode.



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Fiction fantastique homosexuelle De Haim Tabakman
Avec Zohar Strauss, Ran Danker


Aron, un boucher cacher a l'oeil tendre, membre respecté de la communauté juive ultra-orthodoxe de Jérusalem, en pince pour Ezri, un gentil garçon plutôt bandant. Peu à peu le boucher attendri échappe à sa famille, à ses enfants et à la vie communautaire. C’est qu’il est amoureux le bougre. Hélas, mille fois hélas, la culpabilité et les pressions exercées par son entourage le rattrapent et le forcent à faire un choix (on n'est jamais tranquille)... Vous vous doutez bien que le rabbin ne lui propose pas de se pacser. Là on est quand même scié. Une communauté où les hommes portent une barbe moche, une crêpe sur la tête et un grand chapeau de Zorro, ne devrait pas être complètement mauvaise. Eh bien là, si. Le sujet « Brokeback Mountain » défrise les péottes. L’intolérance religieuse s’exprime. Plus largement, les religions laissent aucune place à la gaudriole en redingote flottante. D’ailleurs, elles ne laissent place à rien, si ce n’est à leurs dogmes obsolètes. Haim Tabakman, cinéaste israélien de 34 ans, filme au plus près ses personnages. Des acteurs à la retenue touchante. Tournage et scénario sont des exemples de sobriété où ne filtre que l’émotion. Il reste que cette direction d’acteurs, à trop vouloir éviter l’excès, tutoie d’un peu près le politiquement correct Mais bon. La fin bascule légèrement dans le pathos qui nous était épargné jusque-là. Ce qui ne nuit pas à l’impression générale. Le film est bon, mais si vous y allez, ce que je vous conseille, évitez d’amener des pops corn, ça risquerait de gâcher l’ambiance.





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