Collectif dramatique de Ridley Scott, John Woo, Jordan Scott, Emir Kusturica,
Mehdi Charef, Katia Lund, Stefano Veneruso, Spike Lee
Sept réalisateurs, sept «courts» excellents. Le genre est toujours un peu
frustrant, mais ici on voyage. De la misère des uns à la misère des autres. Des enfants soldats d’Afrique, à la survie démerdarde du Bresil ou d’Europe. Il y a les drames, les injustices, les
souffrances, jusqu’à celles de la pauvre petite fille riche. Pourtant on redécouvre que l’enfance malgré tout est un puits d’espérance. A propos des réalisateurs on pourrait jouer à qui est le
plus tragique, le plus déglingue, le plus naïf ou le plus hors sujet (télérama pour Ridley Scott, les tristes sires..), mais ce serait justement hors sujet. Evidemment le film ne fait pas
dans la dentelle. On est loin du petit lord de Fauntleroy. Au mieux on tutoie Charles Dickens, dans tous les cas on est proche de Hugo, parce que rien n’a réellement changé, d’une façon ou d’une
autre les mouflets sont toujours maltraités par des Thénardier. Ça peut se voir le dimanche avec les enfants, après ça ils ne rechigneront plus devant leurs épinards.
Avocats et associés
de Hannelore Cayre
Avec Roschdy Zem, Jean-Philippe Ecoffey
Avocats n’est pas un métier facile. Faute de clientèle privée, les avocats commis d’office défendent les
petits cas. De petits voyous en petits démerdards aux abois, il n’ ya pas de quoi péter la gold au Fouquet’s. On les appelle les "soutiers du barreau". Roschdy Zem interprète un de ceux là. Il
n’est pas mauvais d’ailleurs, il rame voilà tout. Soudain il est remarqué par un confrère plus heureux en affaires et surtout moins regardant. Grosse bagnole et montre classieuses entrent dans le
paysage. Maître Zem est bien content. Sauf que côtoyer la canaille avec complaisance attire les encagues. Notre acrobate du barreau a quelques soucis avec son associé indélicat et quelques
malfrats. Mais sous une apparente naïveté qui siéent peu à l'homme de l'art, il les niquera tous et retrouvera les chemins de la vérité. Nous aimerions tous avoir un avocat comme celui-là, pas
cher et très sympa. Au conseil des prud’hommes, au tribunal de police, en correctionnel ou aux assises... Film léger, amusant et même instructif. Dépéchez vous d’aller le voir, il passe peu et
pas partout.
Drame lent de Pedro Almodóvar
Avec Penélope Cruz, Blanca Portillo
Almodovar est un monument. Et comme à chaque fois qu’on accède à la reconnaissance, on devient intouchable,
Almodovar est intouchable. Dans ce cas il faut être sacrément gonflé pour attaquer la citadelle défendue sauvagement par les hommes de pieds de la Kulture. Comme j’aime vivre dangereusement, je
déclare m’être gravement ennuyé pendant cette projection... Haaaaarg je suis un homme mort. Mais enfin... champ contre champ, plan américain, plan italien (whouaaa ma qué panoramisme).
Travelling-tennis, gauche droite, gauche droite, parlotte, parlotte, parlotte et... vous n’allez pas me croire, parlotte. J‘avais mangé un sandwich avant d’entrer dans la salle... Alors
digestion, ronflos, ronflos... réveillé par un bruit de mastication... le pop-corn derrière. Je recolle au train, scénario pas facile, mais exercice commun... Bâillement, bâillement, envie de
sortir. Accroche-toi Golo, c’est du Almodovar, si tu dis que ça ne t’a pas plu, tu vas passer pour un blaireau. Bref les seules scènes rythmées, sont des scènes de cul, rares et là aussi exercice
commun, pas nouveau, surtout quand on baise soi-même régulièrement. Enfin pour vous je ne sais pas, mais vous faites ce que vous voulez. On notera néanmoins l’excellent technique de drague de
l’aveugle, qui séduit des bombasses. Sans doute s'agit-il d'un clin d’œil... Ma qué culture cinématographique...Oui, bon et après?... A la fin grâce à une habile parabole on comprend
que la qualité d’un film dépend en grande part de son montage. Saluons la brillante démonstration . Si vous avez manqué le début de cette critique, retenez que je n’ai pas aimé ce film, mais
j’aimerais bien avoir votre avis. Alors allez-le voir et revenez m’en causer.
J’aime bien Johnny-quelque-chose-de-Tennessee. J’aime bien aussi Sylvie Testud.
J’avais donc prévu d’aller voir ce film, à reculons, parce que j’ai du mal avec le cinéma asiatique.
À reculons donc et jusqu’au bout. J’avais un peu l’air d’une andouille,
installé à l’envers sur mon fauteuil, le dos tourné à l’écran. Et puis peu à peu, à l’oreille, l’excellence du jeu d’acteur de Johnny, surtout en Anglais, m’a fait risquer un œil puis deux,
jusqu’à m’installer normalement. J’ai vu de très spectaculaires fusillades. Le film tourne vite au western vengeur (Vengeance, forcément). Il aurait quelque chose de «La horde sauvage» du vieux
Sam, que oui... Mais n’est pas Peckinpah qui peut. Là, on est plutôt à Cinécita en période d’abattage. Le réalisateur, n’ignorant pas qu’une arme de poing atteint difficilement son but, en
profite pour organiser des tirs aux cartons à tour de guidon. Bang, bang, bang, bang. Johnny est à l’ouest, il a une balle dans la tête, qui le rend amnésique en pointillés. Testud a une minerve,
on la croise dans une ambulance, à l’hôpital, aux pelotes… on ne la voit que 3 minutes… et rebelotte bang, bang, bang… Si on aime bien les coups de pétards, on va aimer. Maintenant c’est un peu
faiblard comme scénario. Quelques bonnes idées au service du bang bang ne suffisent pas à gommer les effets primitifs et les lieux communs. Ça peut néanmoins se regarder si on n’est pas trop
exigeant, bang,bang.
Le film est hrvatski (prononcer Heurvatski, croate). On l’a échappé belle. La cravate jadis inventée par les
Croates aurait pu s’appeler une Hrvate. Pas facile à prononcer. Ce qui nous ramène en toute logique à la Rivière Sava, frontière naturelleentre la Bosnie et la Croatie. Ilfaut la traverser à l'aube, pour conduire des clandestins chinois en direction de l’Allemagne... Des Chinois en Bosnie, quel étrange parcours. Mirko est passeur. Passeur
d’espoir dit le titre. Quand tu vois son état de désespoir, tu t’attends au pire. Tu n’attends pas longtemps, il vient vite. C’est gris, c’est triste, c’est sale et gadouilleux. C’est la Bosnie
poisseuse d’un lendemain de guerre qui traîne ses cicatrices. Mirko travaille pour des brutes, une sorte de petite mafia de village dont le vocabulaire s’étend de piska à pisku matérinu, un
classique du vocabulaire Serbo-croate que les connaisseurs apprécieront. Un jour son bateau va à vaux l’eau. Quelque chose vient heurter sa pauvre vie détruite. Conséquence imprévue, il renait,
mais les vieux fantômes réapparaissent. La guerre est encore là, l’une des pires choses que notre Europe ait connue... à 24 heures d’automobiles de chez nous... (ah ouais, 24 h d’auto, ça fait
plus concret que deux heures d’avion... à 10 heures de Nice et de Munchen ... la guerre). Il en est resté des comportements barbares. Le film est lent et oppressant. Dur. Il finit bien, il
finit mal. C’est une affaire de regard. N’allez pas le voir dimanche après-midi, ça vous tuerait le week-end. Allez -y plutôt un mardi. Moi j’ai bien aimé, mais j’ai quand même de drôles de
goûts.
Thriller d'après un livre de Niels Arden Oplev
Avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace
Il paraît que le film est fidèle au bouquin, comme je n’ai pas lu le livre je ne peux pas comparer
avec les sous titres de la VO, mais admettons. C’est l’histoire d’un journaliste en disgrâce qui est sollicité pour enquêter sur une disparition vieille de quarante ans. C’est une autre
histoire, celle d’une fille un peu spéc’, gothique énervée, hackeuse de talent et super douèe en fouillage de merde. Le film commence bien, durement, avec des éclairages à la Ridley Scott.
«Gothique» nous fait vite comprendre qu’il ne faut pas lui marcher sur les couilles. Elle déguste, mais rend méchamment la monnaie. «Journaliste» quant-à lui enquête avec son ordinateur dans un
chalet par moins 22. Les deux vont se rencontrer, pas par hasard. Film long. Les 30 minutes de trop sont au milieu. Gros plans, champ contre champ, écran d’ordinateur, épluchage de notes de
restaurant. Il paraît que la partie chiante du film est fidèle à la partie chiante du bouquin. Néanmoins, dans l'ensemble, ça tiens. Et puis il y a... il y a Noomi Rapace dans le rôle de
«Gothique». Bête sauvage, belle comme un mystère, plate comme une planche et tatouée comme un yakuza. Une handicapée du sentiment, écorchée jusqu’à l’os, elle nous accroche avec un grappin de
charme déchirant. On voudrait l'aimer gentiment, tant elle transpire la détresse affective (en faisant attention aux griffes, tout de même). Sa géniale interprétation sauve le film de ses
faiblesses. De fait, elle en est l’intérêt majeur et envoutant.
Ça finit bien. «Journaliste» sort des embarras et «Gothique» devient Barbie friquée. Humour Danois, Worg Worg. Allez voir ce movie surtout pour Noomi Rapace. Mais prévoyez du temps (2h30).
Vie quotidienne sur un bateau de Richard Curtis
Avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans
Aaaah, les années 65/70. Elles furent le début d’un commencement.Pour les radios, jugulées à l’époque, il fallait des «Radio-London» et «Radio Caroline» pour secouer les neurones radiophoniques. Comme l’avait fait
«Hara-kiri» en France pour secouer les neurones de la presse. Début de tout donc et comme ça aurait été intéressant de voir un film traitant de ces initiatives, les motivations, les
rencontres et les combats pour créer ces rampes de lancement culturelles. Au lieu de ça le film se déroule quand la radio est créée et flotte déjà dans ses routines bite-cul, pique nique
sur la passerelle... nous avons un beau film en couleur, porté par une bande son géniale et nostalgique. Un humour insuffisant et des histoires de midinettes qui tombent amoureuses du
présentateur radio. Tu le crois, ça ? Nous naviguons dans le vain, l’inutile et le creux. Ou comment d’un sujet en or, on réalise une petite comédie dominée par un remplissage vaguement
amusant. Mais surtout linéaire et peu convaincant.
Nous nous rappelons soudain qu’en France, les héritiers de cette révolution radio s’appellent Energie,
Skyrock et consorts... Il ne nous reste plus qu’à pleurer et quitter la salle à la nage.
Comédie branquignolesque de Jean Pierre Jeunet
avec Dany Boon, Yolande Moreau, Jean-pierre Marielle...
On va commencer par dire du mal de ce film. Jeunet est tellement généreux, qu'il fait du Jeunet à tire-larigot. Si...
Concours de menteries de Doug Liman
Avec Naomi Watts, Sean Penn
Bush est un gros menteur. Chez nous en Europe on est au parfum depuis longtemps. Mais là-bas dans l'ile d'Amérique des Etats Unis, il leur a...
Drame réaliste givré de Courtney Hunt
Avec Melissa Leo, Misty Upham, Michael O’Keefe
Etat de New York, au nord une frontière, une rivière gelée, un territoire indien Mohawk, des gens. Ils...
Labyrinthe chez les brindzingues de Martin Scorsese
Avec Leonardo DiCaprio,
Mark Ruffalo
1954. Teddy Daniels et Chuck Aule enquêtent sur la disparition d'une patiente évadée d'un hôpital
psychiatrique à...
Drame vichyste de Philippe
Lioret Avec Vincent Lindon, Firat Ayverdi
Certains choisissent de tout risquer jusqu’à leur vie pour accéder à un sort
meilleur. D’autres choisissent l’heure à laquelle ils iront chez IKEA dimanche matin....
Comédie cruella-jouasse de Christine Jeffs
Avec Amy Adams, Emily Blunt, Alan Arkin
Rose, mère célibataire, est femme de ménage. Pour payer l’école privée du fiston, elle décide de créer une
entreprise spécialisée dans le nettoyage...
Stock car à Berlin de Jaume Collet-Serra
Avec Liam Neeson, Diane Kruger
Dans ce film, il est dommage que l'originalité du scénario n'aboutisse qu'à une course de stock car. J'explique : Notre cher Liam a...
Capes, épées et stérilet de Bertrand Tavernier
Avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson , Grégoire Leprince-Ringuet,
Gaspard Ulliel, Raphaël Personnaz
Pendant que son époux jouait le kakou aux...
Documentation littéraire à ressorts de Roman Polanski
Avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan
Le film s'intitule Ghost-Writer (écrivain fantôme). Traduire «nègre». je ne vous dis pas la gueule des...