Psychologie d'écran de Alejandro González Inárritu
Avec Javier Bardem, Maricel Álvarez
C’est l’histoire d’un homme qui a une grosse prostate en phase de métastases avancées. Le mec malin, sent que la mort rôde. Confronté à un quotidien corrompu et à un destin contraire, il se bat
pour pardonner, pour aimer, pour toujours… Notre Oscar de l'interprétation masculine, beau Catalan brun et ténébreux, la tête courbée, marche les mains dans les poches. Ma qué jeu d'acteur. Il a
une expression de visage très réussie, une. Je suis plus que fatigué de m'ennuyer au cinéma, entre films déprimants et animations 3D pour enfants sages. Biutiful, a l'air plutot bien fait, mais
ne m'en demandez pas plus, je suis las et de mauvais conseils.
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Les copains en vacances à la mer, de Guillaume Canet
Avec François Cluzet, Marion Cotillard
Guillaume Canet, monte, monte, monte; on en dit que du bien. C'est vrai que le garçon est sympathique et qu'en tant qu'acteur il l'est aussi. Voilà donc son troisième film. À priori on s'attend à
voir le sempiternel film français qui met en scène un groupe de copains. Les copains qui mangent des rillettes dans la maison de campagne. Les copains qui jouent au tennis au bord d'un aéroport.
Les copains qui causent à la terrasse d'un café (film très français). Bref les copains et les copines, souvent tuyaux de poele. Ici il s'agit de copains en vacances à Cap Ferret, pendant qu'un
des leur a des misères. Tout ça est bien chaleureux, vraiment. Le film joue avec les sentiments, les émotions, enfin simplement et passe du rire aux larmes comme dirait la presse régionale. Bon,
on va dire que c'est bien. Les petits mouchoirs se laissent regarder gentiment, pendant 2 h30... ah oui quand même... C'est trop long. Le film est trop imparfait pour accepter une telle longueur.
Au delà de cet obstacle, si vous avez aimé « les copains d'abord » et je ne sais plus quel « Vincent, Paul, et les autres » etc... ça devrait le faire, moi je préfère quand il
y a des charges de cavalerie.
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Le bon, la brute et le truand à Wall street de Oliver Stone
Avec Michael Douglas, Shia LaBeouf
New York : en plein krach boursier de 2008, un jeune trader, Jacob Moore, est prêt à tout pour venger son mentor, que d'obscures tractations financières ont poussé au suicide. Il demande de
l'aide à Gordon Gekko. Gordon Gekko est interprété par Michael, qui en vieillissant ressemble de plus en plus à Spartacus. Hélas dans ce film, il se comporte toujours comme Crassus, l'illustre
assoiffé d'or, toutes blagues mises à Parthe. ( Whaoo, cette dernière phrase mérite trois rappels et un hall of fame). Concernant le scénario, autant dire qu'on ne suis pas tout bien-bien. Ce
sont des intrigues de riches profiteurs, auxquelles nous ne comprenons pas grand chose. Il faut se faire une raison, c'est bien grâce à cette différence que les riches sont riches et que nous
sommes si pauvres, enfin vous en particulier. C'est au moins l'enseignement que nous pouvons en tirer. Dans cet imbroglio financier le jeune Shia LaBeouf, apprenti enfileur, enfile et se fait
enfilé. Sa ressemblance décalée avec Olivier Besancenot le rend plutôt sympathique dans ce rôle d'empeigne. Dans l'ensemble on ne peut éviter de faire des parallèles avec l'argumentation
hallucinée qu'on nous assène en France, notamment sur l'avenir dynamique et radieux du libéralisme et de ses valets. Alors que les opposants, ces gréviculteurs et autres bobo gauchos plombent
notre économie par leur conservatisme immobile... fermez le ban, merci. Donc le film se regarde avec intérêt, on apprécie au passage la présence d'Elly Wallace et le clin d'oeil appuyé d'une
sonnerie de téléphone qui doit tout à Sergio Leone. Car il s'agit bien de l'épine dorsale du scénario. Un bon, une brute et un truand à Wall street. (Ils ne l'ont même pas remarquée celle là, les
critiques qui savent... ah ah ah, les nuuuuls). Bref, allez voir ce film, il est toujours à l'affiche. Il est un peu long et hermétique, mais on ne gâche pas son plaisir. On sait définitivement
par qui est aspiré l'argent du labeur et pourquoi les jeunes ont pour tout espoir, des stages à la con et un futur merdique.
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Enquête autour du vélodrome de Gilles Paquet-Brenner
Avec Kristin Scott Thomas, Mélusine Mayance
Voilà que ça nous fait une drôle d'impression, après « La rafle » de Roselyne Bosch cette année, arrive « Elle s'appelle Sarah » de Gilles Paquet-Brenner, tourné dans les
mêmes décors du Vel d'Hiv et de Beaune la Rolande. En même temps c'est pas con, ça fait une économie d'échelle. Les gendarmes aux entrées : " Les figurants pour La rafle à gauche, les figurants
pour Sarah à droite." Kolossal fransusichorganisation". Pour mémoire : En 1942, deux hommes d'état très zélés veulent à tout prix plaire à la bochitude dominante, Pierre Laval et Maréchal Pétain.
Ils décident de rafler 25000 juifs à Paris en une nuit. Projet ambitieux, même les Doryphores sont épatés. Ils ne manquent pas de faire remarquer, que de leur coté, Mussolini et Franco pour
arrêter les Juifs, trainent les pieds avec une mauvaise volonté spectaculaire. Pétain et Laval, quant-à eux ça va, ils veulent être les premiers à la distribution de sucres d'orge. Je ne me suis
pas cassé, je viens de reprendre le début de mon article sur « La rafle ». Avec « Sarah», c'est différent. Bien-sûr Paquet-Brenner nous ravive la mémoire sur cette période
abominable, mais cette fois c'est en suivant l'enquête d'une journaliste indiscrète. Elle remonte le temps d'une histoire familiale qui ne lui appartient pas. Une histoire lamentable, avec un
cadavre dans un placard, sur le ton de "...est-il nécessaire de remuer toute cette boue au delà des générations?" la conclusion étant « oui, ça fait du bien, merci ». Tout ça avec
une Kristin Scott Thomas qui me fait toujours le même effet. L'émotion et l'indignation en plus, parce qu'il s'en passe de moches dans ce film.
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Tranche de vie tchadienne de Mahamat Saleh Haroun
Avec Youssouf Djaoro, Diouc Koma
Voilà ce que dit le dossier de presse : Le Tchad de nos jours. Adam, la soixantaine, ancien champion de natation est maitre nageur de la piscine d'un hôtel de luxe à N'Djamena. Lors du rachat de
l'hôtel par des repreneurs chinois, il doit laisser la place à son fils Abdel. Il vit très mal cette situation qu'il considère comme une déchéance sociale. Bon ben voilà, c'est une tranche de
vie, dans un pays d'Afrique. On ne peut pas dire que ce soit ennuyeux, on ne peut pas dire que ce soit exaltant. C'est l'un de ces films qui décrit une réalité pas folichonne, au mieux un
docu-fiction. De là à justifier une sortie au cinéma, ça reste à voir. Si on n'a rien d'autre à faire oui, sinon autant faire ce qu'on a à faire... Chercher la salle où ce film est projeté sera
sans doute plus excitant que de le voir lui même.
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Parcours lent, ultra chiant de Semih Kaplanoglu
Avec Bora Altas, Erdal Besikçioglu
Yusuf a 6 ans et vit avec ses parents dans un village isolé d’Anatolie. Pour le petit garçon, la forêt environnante est un lieu de mystère et d’aventure où il aime accompagner son père
apiculteur. Il le regarde avec admiration... Eh bien voilà, n'est ce pas génial ? Je viens de vous raconter tout le film, inutile d'y aller. Absence de pyrotechnie et de charge de cavalerie
garanties. Si vous aimez briller en société d'imposture, en argumentant sur des œuvres contestables, tartinez donc ce Miel, sans qu'il soit nécessaire d'aller vous y faire scier. Et qu'est ce
qu'on dit ? Merci Haarg Cinéma.
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Ethno djeun's De Fabrice Gobert
Avec Ana Girardot, Jules Pelissier
Pour ce premier long métrage, Fabrice Gobert, réalisateur scénariste, a choisi l'écriture imbriquée. J'appelle ça comme ça. Je vous explique : vous prenez une intrigue de base avec plusieurs
acteurs d'icelle. Puis successivement vous faites suivre aux spectateurs une tranche de vie de chacun d'entre eux. Ils ont une chose en commun, un point de rencontre chronologique et à chaque
tranche de vie, le scénario vous en livre davantage... Vous me suivez? Vous avez de la chance, parce que moi, je vais devoir me relire. Donc ce film est bien construit, compréhensible et nous
tient en haleine jusqu'à la dernière minute. Coté djeun's, Fabrice Robert avait déjà réalisé 26 épisodes de la série « C comme ç@ », c'est dire qu'il navigue bien en ethnologie
lycéenne. Ici le Lycée est à Plaisir (78), ça ne s'invente pas. Un élève Simon disparaît et chacun y va de sa théorie. À 17 ans, comme vous le savez, on n'est pas à une connerie prête, on en dit
plus qu'à son tour. On élabore, on intrigue, on diffame. Le moindre fait mineur prend une dimension déraisonnée. C'est que notre belle jeunesse est alimentée par une abondante médiatisation de
faits divers salaces. À la longue, dans l'intérieur du crane, la place réservée à la réserve est dévorée par les hypothèses fantasmatiques, à connotations sexuelles. Voilà qui s'appelle une
pollution culturelle diurne. Entre deux flirts et obsessions hormonales, nos lycéens s'oublient, se racontent des films, puis sont rattrapés par le col. Le drame est bien présent, tout simple,
stupide, loin de leurs théories extravagantes . Ça se termine tristement. Et quand les circonstances changent, ils se retrouvent enfin et entrent, sans qu'ils le sachent, dans le monde des
adultes.
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Agroumph de Jacques Malaterre
Avec Simon Paul Sutton, Vesela Kazakova.
Jacques Malaterre aime bien la préhistoire. Il y a peu il réalisait les fameux télé-films « Le sacre de l'homme », « Homo sapiens » et « L'Odyssée de l'espèce », que nous
avons tous appréciés, c'est que nous aussi, nous aimons bien nos ancètres aux ongles crasseux Jacques ouvre le volet Néandertal, cette fois en long métrage pour le cinéma. C'est documenté, c'est
bien foutu comme les épisodes précédents. D'ailleurs nous aurons probablement l'occasion de revoir les tribulations de Néandertal sur Arté, dans l'écran de la télé. Ao, notre héros bio à
empattement XL, a une tronche de rustre bien sympatoche. Au nord du 80eme parrallèle, il connait bien des misères. Ne voilà-t il pas qu'après un brutal concours de circonstances, entre 20 et
30000 ans avant l'homme volant, il se retrouve seul comme un gnou ? Mais oh joie de la culotte de peau, ne voilà-t il pas qu'il rencontre une femma-sapiens avec laquelle il va à terme faire des
échanges culturels, dans les cendres, sous une pluie de novembre ? C'est que nous collons aux dernières nouveautés de la paléontologie. Néandertal aurait croisé avec sapiens et obtenu le
président de la république française. À vue de gros nez, il/elle auraient sans doute mieux fait de préserver leurs us consanguins et cannibales. Bon, au niveau du scénario, on ne pouvait
pas faire plus préhistorique. Imaginez, « La belle et la bête » vétues de peaux d'ornithorynques, les personnages une fois campés, on ne peut pas rebondir pendant deux heures et ça
malgré les luttes de clans, les voyages en espadrilles et la grippe espagnole. J.J. Annaud avec « La guerre du feu » d'après Rosny Ainé, y était parvenu en prenant quelques libertés. Au
final il arrivait à la même conclusion de la zigounette néandertalle dans le frifri sapiens-sapiens. C'était plus haletant, mais ça faisait un peu pavillon de l'empire colonial. « Ao »
quant à lui surfe sur ce que Mr ADN nous a soudain démontré en mai 2010, à savoir que nous sommes tous des métis allemands. Nous retenons que Néandertal est proche de la nature, ne
sait pas dessiner et aime bien son prochain. Alors que sapiens-sapiens, qui a de la religion, a le meurtre et le sacrifice humain faciles. Avec ses 84 minutes, le film dure juste ce qu'il
faut pour nous donner envie de partager une coloc. avec la famille Pierrafeu. Un bemol, le texte narratif à la première personne, avec des voix off de jeunes cadres, est plus que
dérangeant. Sinon, dans l'ensemble c'est bonnard. De toutes façons, moi j'aime bien la préhistoire. Allez-y avec les gosses, ça va leur plaire, surtout la scène avec les cendres et la pluie. On
peut amener son os à moelle.
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Historique terrifiant de Rachid Bouchareb
Avec Jamel Debbouze, Roschdy Zem
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Algériens, qui ne sont pas nés du dernier Simoun, se disent que l'indépendance serait une bonne médecine. Tout ce qui touche au conflit
franco-algérien nous démontre à quel point la France fut sans clairevoyance. Imaginez un instant la France appliquant les dogmes de la Révolution Française en Afrique, liberté égalité fraternité,
nous serions aujourd'hui l'Afrique... Hélas ça ne marche pas comme ça, car pour coloniser, il faut d'abord conquérir, puis mépriser. C'est que la colonisation est la plus abjecte expression de la
brutalité et du racisme. Ce conflit en fut le point d'orgue. Seulement au lendemain de la seconde guerre mondiale, on aurait put imaginer que la France avait compris quelque chose. Elle aurait
put changer de cap et rattraper le coup, en considérant ces peuples comme des citoyens et non plus comme des bêtes de somme. C'est à croire qu'elle avait surtout tiré enseignement de la gestapo.
D'abord en répression policière puis en technique d'interrogatoire. Ce qui lui valut longtemps une réputation d'excellence, très méritée, jusqu'en Argentine. « Hors la loi » retrace la
vie d'une famille algérienne composée de trois frères, de 1925 à 1962. Nous les suivons, découvrons leurs humiliations, leur souffrance. Honte et émotion. nous acompagnent. Cela commence par
l'abominable massacre de Setif et dure jusqu'à l'abominable massacre du 17 octobre 1962 à Paris. Entre les deux, découvrons les pittoresques conditions de vie de ces indigènes, dans le fameux
bidon-ville bougnoule de Nanterre. « Hors la loi » est un superbe film, qui ne parle pas de gangsters, comme l'affiche ou la bande annonce pourraient le laisser croire, mais bien de
résistance. Celle du FLN, sur le sol français. Celui-là ne lésine pas sur les moyens, que nous qualifierons prudemment d'inélégants voire brutaux. C'était une guerre, elle a laissé de profondes
blessures dans les familles de chacun des deux peuples. Bref, le sujet laisse peu de place à la rigolade et doit être abordé comme on marche sur des oeufs. Ce n'est pas commode, on se tord les
quilles on se mélange les pinceaux et on a les chaussettes toutes gluantes. Donc il faut voir ce film sans se laisser abuser par les mauvais fantômes coassant à l'anti-france. N'oublions pas que
le réalisateur et les acteurs de ce film sont bien français et qu'ils ont simplement la mémoire de leurs parents. Film pédagogique à plus d'un titre. À voir, à voir et à voir.
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Hold up, braquage, fusillade, pizzas, hot dogs, de Ben Affleck
Avec Ben Affleck, Rebecca Hall
Doug MacRay, interprété par Ben Affleck, est le leader d’une impitoyable bande de braqueurs de banque, qui s'enorgueillit d'être la plus professionnelle des pas vus pas pris. Sans attaches
particulières, Doug ne craint jamais la perte d’un être cher... Très exactement comme dans « Heat ». C'est dingue ce qu'il y a comme clins d'oeil à ce film. Il y a même la
confrontation avec un super-flic, Big-Joe en képi. À la limite ça ressemblerait à du pompage ou à un refait. À moins que le scénario de « The town » soit inspiré d'un même roman. Je
n'ai pas vérifié. Donc Voilà que ce cher Ben se met à la réalisation. Ben Affleck c'est physiquement un peu le Kane de Barbie. À la réalisation, ça fait aussi film d'action de Kane montage Légo.
Une brique pour le scénar, une brique pour l'image, une brique pour la musique. Ça se regarde, ça pétarade bien, ça tend un peu vers le psychologique entre deux fusillades. Ben-Doug a un cas de
conscience morale et en plus il est amoureux. Ce qui nous fait deux briques Lego « Étude de caractères ». ça s'inscrit bien dans le récit. Bref c'est un film moyen qui se regardera très
bien dans quelques mois, en blue-ray sur votre Home cinéma à gaz. On peut aussi le voir au cinéma, si on a comme moi un abonnement forfaitaire.
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