Documentation littéraire à ressorts de Roman Polanski
Avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan
Le film s'intitule Ghost-Writer (écrivain fantôme). Traduire «nègre». je ne vous dis pas la gueule des
associations anti-raciste. La distribution a préféré passer à coté d'une campagne de promotion opportune, gratuite, que lui auraient offerte les bien-pensants aux délires forcenés comme on les
aime chez nous Donc restons en au titre anglais, qui ne nous dit évidement rien. Roman Polanski, quand il ne met pas le doigt dans une très jeune fille (certes très délurée et consentante), il le
met là où ça interpelle. L'histoire : Notre ghost-writer-nègre est engagé pour achever de rédiger les mémoires du Premier ministre britannique, Adam Lang. Mais dès le début de cette
collaboration, le projet fait des grommelots, vu que le précédent ghost-nègre-writer du ministre a été retrouvé sur une plage glaciale, tout mouillé avec des algues et des crevettes dans la
bouche; la langue tout bleue et les yeux exorbités. Certains appelle ça « mort par noyade ». Forcément comme ce n'est pas la saison des bains de mer en gabardine, ça prend une tournure
suspecte. Peu à peu nous sommes emportés par un angoissant suspense monté avec des bouts de ficelles. Cest vraiment bien fichu. Comme on s'identifie vite fait à cet écrivaillon facile, pas
héroïque, juste un peu curieux, on y croit. En plus de ça, Roman Polanski, met le doigt (comme j'ai dit) sur un détail de l'histoire assez troublant. Évidemment toutes ressemblances entre Adam
Lang et un quelconque premier ministre britannique, pris au hasard, ne seraient qu'accidentelles. C'est sûr. Mais ça nous met une drôle d'hypothèse en place dans l'intérieur du crâne. Enfin de là
à y croire... faut quand même pas pousser... quoique bon, quand même. Ce movie très bien fait, nous rappelle la vague des films dénonciateurs des années 70/80 et c'est une bonne médecine. En même
temps ça finit de la même façon que tous ces ouvrages du genre. Style : "Dommage c'est con, on les tenait par les burnes, mais rien n'arrête ces sacrés enfoirés..." Donc voilà. Ça devrait vous
plaire, surtout si vous êtes adeptes de la théorie du grand complot et des coups tordus.

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Thriller énervant de Grégoire Vigneron
avec Benoît Magimel, François-Xavier Demaison, Julie Gayet...
Imaginez un chef d'entreprise multinationale naif et indécis. Là vous vous dites qu'il y a une erreur. Eh bien il n' y en a pas. C'est le parti pris de Grégoire
Vigneron. Ce choix est très énervant. Benoit Magimel fait le patron, dynamique, grosse bagnole, pognon, appart' de luxe à Bruxelles et tout. Un de ces jours il rencontre par hasard un ancien ami
de lycée : Patrick. N'importe quel blaireau, même moi, s'apercevrait tout de suite que ce Patrick est une planche pourrie. Magimel-patron, lui, non. Il ne flaire rien. Et voilà qu'il se laisse
embringué dans une histoire dont personne n'aurait voulue. Même le ravi du village n'aurait pas marché, mais Magimel-patron, lui, si. Tout ça a des conséquences; de plus Magimel-patron a des
états d'âmes très mauvais conseillers. Des états d'âmes pour un patron, je vous demande un peu. Bon. À un moment ça tourne mal et à partir de là, c'est dingue, Magimel-patron au lieu de faire le
mort avec le dos rond, qui rase les murs. Le voilà qu'il va partout où il ne faudrait surtout pas qu'il soit, pose des questions qu'il ne faudrait surtout pas poser et s'emmêle les pieds partout,
même là où il n' y a pas de tapis. Ça énerve. Un peu émotif primaire le garçon, on y croit moyen. Mais voilà ça doit être ça l'astuce du film. Les situations traversées par notre anti-héros sont
tellement inimaginables, qu'on finit par se laisser prendre au jeu. Faut dire qu'il y met du sien, il n' y a pas une connerie qu'il ne fait pas. Un grand patron comme ça... Mais finalement de
énervant, vous n'allez pas me croire, ce film devient carrément captivant. Comme le personnage est plutôt sympathique, on souhaiterait qu'il se sorte du foutu pétrin où l'à fourré Patrick (le
copain de lycée, vous vous souvenez?). Aucune chance à la première lecture, mais Patrick est tellement trop con qu'il y aura un rebondissement et que tout finira bien, happy fine, gloria in
excelsis deo, pouet-pouet.
C'est correctement fait, on passe un moment énervant, mais pas décevant.
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Labyrinthe chez les brindzingues de Martin Scorsese
Avec Leonardo DiCaprio,
Mark Ruffalo
1954. Teddy Daniels et Chuck Aule enquêtent sur la disparition d'une patiente évadée d'un hôpital
psychiatrique à sécurité maximale. L'hôpital est basé sur Shutter Island, une île inaccessible située à 17 km au large de Boston. Jusque là ça ressemble à du Gaston Leroux, ou à de l'Edgar Poe.
Une chambre fermée de l'intérieur d'où s'est échappée la malade, mystère... Nous ne sommes pas tenus longtemps en haleine par cette énigme qui passe rapidement au second plan. Vite fait, nous
nous emberlificotons les pattes dans un labyrinthe aux portes de la folie et du grand complot. Teddy Daniels, U.S. Marshall interprété par Di caprio (excellent) a quelques vieux démons qui lui
collent au train. Ils lui rendent l'enquête tordue, dans un décor pourrave où l'ile du docteur Moreau fait figure de villégiature Pierre et Vacances. Tout ça est bien fabriqué. Nous sommes
embarqués, un peu paumés, dans un sac de noeuds de carrick à tiroirs. En fait Martin Scorcèse nous roule dans la farine, nous ne savons plus faire la différence entre notre tête et notre cul. Il
nous berne et nous surprend par un final doublement vicieux. L'extraordinaire de son interprétation est qu'à aucun moment nous perdons le fil du récit, même si la tendance est à nous faire perdre
pieds. D'après la nouvelle de Dennis Lehane. Ce film est un étonnant voyage aux limites de la raison. Vous devriez aller le voir et vous comprendrez qu'à trop prendre les vessies pour des
lanternes, à la longue on se brule.

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Course poursuite exotique par Tony Gatlif
Avec Marc Lavoine, Marie-Josée Croze, James Thiérrée
Une famille de manouche en 1943. Roulotte bringuebalante à l'ancienne, feu de bois, violons, nigloux en
brochettes. Taloche, le ravi familial, court à perdre haleine sur des bases proches des 47 secondes aux 400m, sans arrêt en poussant des cris pas frais, c'est balèse. Sorte de bon sauvage,
symbole innocent de cette soif démesurée de liberté. A cette époque être tsigane c'était être dans l'œil du cyclone nazi. Période que retrace le film, avec ses fonctionnaires zélés additionnée à
la haine populaire, accumulée aux fil des siècles, à l'encontre des voleurs d'enfants et de poules. Ceux là furent jetés dans le camp bien Français de Montreuil-Bellay, avant de rejoindre par le train d'autres destinations finales. On notera les plans fixes en pieds, façon « authentiques » aux gueules de Tony
Gatlif enfant. On voyage dans le temps. Le film, sous un aspect ethno, nous raconte cette famille, les gens qu'elle rencontre. Des bons, des mauvais. Le maire et l'institutrice du village font ce
qu'ils peuvent pour aider ces gens bien mal formatés. Entrer dans la norme des « gadjos » pour survivre serait une solution, mais l'appel de l'espace est plus fort; ils repartent sur
les routes où guettent le boche et le collabo. Tout ça a de la tripe, comme ce Gatlif, ambassadeur des Roms. Ce film vaut par la dénonciation de ce drame historique. Sur un plan purement
cinématographique, on regrette son traitement trop classique qui peut laisser en panne d'émotion malgré une bande son collée à la roue du "camping". Il tombe aussi à point nommé, quand la
politique nationale à l'égard de l'étrange étranger se chante comme « maréchal, nous voilà ». Aujourd'hui, une charogne pue quelque part en république française et les films comme
« liberté » sont là pour que nous conservions l'odorat.

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Thriller foutraque de Joon-ho Bong
Avec Won Bin, Kim Hye-Ja
Film Coréen subtil, barrant dans tous les sens. Joon-ho Bong est un spécialiste du mélange des genres, un
jour une comédie (Barking dog), le lendemain un monstre constipé à nageoires (Lost). Avec « Mother » il se surpasse. Ce film est une grosse lasagne avec plein de couches et plein de
trucs comestibles dans les couches. Nous passons du thriller à la comédie en dérivant par un découpage à l'occasion surréaliste. L'histoire : un jeune homme, jadis bercé trop près du mur, est
accusé d'un meurtre particulièrement moche. Sa mère qui le couve comme un gosse de 4 ans, va tout entreprendre pour l'innocenter. Prouver qu'un autre est coupable. La mère est tout de même grave,
elle ne lâche pas son rejeton depuis sa naissance, dort avec, lui regarde la bite quand il va pisser. Elle aussi ne va pas bien-bien. Nous avons alors tout loisir d'apprendre qui a réellement
tué. Le meurtrier n'est peut être pas celui qu'on croit. De rebondissements en fausses pistes, le vrai sera arrété, alors que tout porte à croire que ce dernier est innocent. Vous me suivez, là
?. Bon, « Mother » enquête, elle est tour à tour une vraie cruche ou une petite futée. Elle fout son waille, harcèle la police, maltraite le colonel Moutarde, dans le garage à vélos, à
coups de pinces à linge. Dans la salle on se régale, c'est du grand art. Écriture parfaite, rythme, poésie, violence juste comme il faut, tout y est. Mieux que ça, Joon-ho Bong peut faire monter
le suspense avec trois bouts de ficelles, comme cet angoissant cheminement pieds nus entre des bouteilles de Contrex, fascinant. Ne boudez pas votre plaisir courez vite voir ce petit chef
d'oeuvre. Enfin vivez à votre tour un immense thriller : trouvez la salle.

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Plan social badin de Jason Reitman
Avec George Clooney, Anna Kendrick
Ryan Bingham, interprété par Georges Clooney, beau et ténébreux, sillonne les states pour virer les gens de
leur emploi. Les capitaines d'industrie, qui n'ont de capitaine que le nom sans les burnes, ont besoin de spécialistes pour ce genre de taches. C'est un boulot qui implique un art de vivre au
climat Nespresso. Beaufitude surmoyenne, aéroports, carte de fidélité platine, carbone ou graphite; hotels étoilés bar, exécutive-woman de passage. Ryan approche des dix millions de miles, une
réussite sociale. Mais soudain le job de notre tueur évolue. Pour des raisons de coût, on tentera le licenciement par web-cam interposée, c'est d'un cynisme inoui, mais rentable. Tout est
cohérent en occident. Jason Reitman (Thank You For Smoking, Juno) Nous fait une belle peinture de l'exaltante Amérique des subprimes et nous ramène à la raison. Qui sommes nous ? Où allons nous ?
Dans qu'elle état ergeons-nous ? Se pointent à l'horizon les valeurs qui marchent et qui finalement, tout bien réfléchi, sont les seules valeurs indestructibles depuis le néolithique. Je vous
laissent apprécier. Ryan Binghman va payer chèrement cette révélation et se retrouve un peu seul sur la fin. Mais son cheminement vers l'humanité le met dans la situation de ses anciens
licenciés. Refaire sa vie autrement, rebondir comme disent si facilement ceux qui n'ont pas à le faire. C'est à voir et c'est beau comme du Jean Jacques Goldman.

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Exercice ophtalmologique d'après Andrzej Wajda
Avec Krystyna Janda, Pawel Szajda
À priori j'aime beaucoup le cinéma de Wajda. Mais là je viens de vivre un instant particulier. Je n'ai rien à
reprocher à ce film, attendu que je ne l'ai vu que durant 10 mn. C'est ça. Je suis parti au bout de 10 mn. Incroyable. Je ne sais pas si ce film m'aurait plus, mais une chose est certaine, je ne
pouvais pas le regarder. Voilà je suis pris à mon propre jeu, parler de tous les films que je vais voir. Or dans ce cas, figurez vous que la boite de sous-titrage a planté ses textes en bas à
gauche. Bien ferré à gauche en lignes libres. à moins que ce soit une erreur de projectionniste, je ne sais pas comment ça marche. J'ignore si c'était passager ou pendant tout le film. En tout
cas, ce n'était pas regardable. Le sous titre est capital quand on ne connaît pas la langue. Sa lecture globale inscrite dans la vision de l'image est un exercice banal, simplement automatique.
Mais essayez donc de regarder un film avec le texte en bas à gauche, en haut à droite ou je ne sais où, mais surtout pas en bas au centre... Poum, migraine et imbittabilité du film assurées.
J'ajoute à celà une infirmité personnelle, j'ai l'oeil gauche vraiment nase, ambiance borgne où pas loin. J'avais l'impression de regarder un match de tennis, un coup à droite pour l'image,
un coup à gauche pour le sous-titre. Gauche, droite, gauche, droite. Un truc a attraper un torticolis du cou... Donc voilà à présent ce « Tatarak » est gratifié d'un
« Shlark! Cornetto aux aromes de synthèse » à cause d'un sous-traitant ignorant, qui s'est cru créatif. Bref allez donc voir ce film si vous parlez le Polonais ou si vous avez un grave
strabisme divergent de l'oeil gauche. Ensuite revenez me donner votre opinion, je publierai votre critique avec une belle illustration. Promis juré, Ça fera interactif. C'est
moderne.

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Torturation psychologique militaro-familiale De Jim
Sheridan
Avec Jake Gyllenhaal, Tobey Maguire, Natalie Portman
Remake du Brothers danois de Susanne Bier (2006). Du groupe des films remarquables, que les Ricains reformatent because le casting. Sam & Grace forment un couple
parfait et sont les parents de deux petites filles. Le père est U.S. marine soudain envoyé en stage au moyen-age (l'Afghanistan). Son frère tout juste sorti de prison, s'occupe de la petite
famille. Déjà on sens poindre une histoire de colin-tampon entre jeune maman et brother. Vu qu'il y a un rebondissement, il est difficile de vous raconter le moindre morceau de ce joyeux
divertissement sans dévoiler le moteur scénaristique. On y apprend pas grand chose sur les usages délicats des cavaliers de l'age du bronze (les Afghans). Pas plus que sur les conséquences de la
guerre sur la vie planplan en banlieue middle west. Mais il ne se passe pas ce qu'on croyait et il s'y passe ce qu'on n'attendait pas. C'est bien joué, Tobey Maguire (Spiderman) en fait un peu
beaucoup dans l'élasticité faciale, mais s'en sort très bien sans sa combinaison d'homme grenouille. Natalie Portman est bien jolie et Jake Gyllenhaal bien tatoué. Enfin on découvre un Sam
Sheppard en vieux con inattendu très ressemblant. On apprend enfin que refaire une cuisine n'est pas si compliqué, ni si couteux, que ce que prétendent les spécialistes. Dans la foulée, Brothers
rejoint la cohorte des films dénonciateurs de la guerre que c'est pas beau et nous rassure sur le cinéma américain, capable à l'occasion de nous faire vibrer sans dragon orange à chevaucher en
3D. Film émouvant producteur de larmouilles. Suivez les petits cailloux blancs vous trouverez peut être la salle où il est projeté.

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Comédie ethnique de Joel Coen, Ethan
Coen
Avec Michael Stuhlbarg, Sari Lennick
Voilà le moment de parler de l'immense fossé qui sépare la critique
professionnelle du public. Ce film marche très moyennement en salle parcequ'il est proche du chiant pour de nombreux publics. Alors que la critique se lisse le gland à coup de dithyrambes au gel
de Guérande. Les frères Coen, qui sont des bons, ont atteint le statut d'intouchables. Comme en plus ils pratiquent le si excellent humour Juif, alors forcément, c'est extra. À cet instant le
doute m'endoute. Bien sûr, on voit bien qu'il y a de la subtilité, de l'humour situationnel à effets mesurés. Sauf que. Losqu'on n'est pas juif, on a le sentiment pendant tout le film qu'il nous
manque une croche pour apprécier la mélodie. Un peu comme la fugitive absence des bulles dans la bière anglaise. En fait "Serious man" fait référence au livre de job et élimine en partie ceux qui
ne l'ont pas lu. Donc l'histoire : un américain moyen se fait un Sinaï de toutes situations nouvelles. Certaines sont réellement cocaces. Notre héros se fait des noeuds dans la tête, le fait
qu'il soit prof de maths n'est à l'évidence pas un hasard, puisque durant ses cours, il met en équation les soucis du quotidien, à qui mieux pire. Enfin pour résoudre ses problèmes ce gentil
ballot fait appel au rabbin. Il devra faire jouer la concurrence, car les rabbins, qui doivent en avoir souper-cacher de ce genre de blaireaux, ont chacun une technique d'esquive voisine du grand
art. Les rabbins sont des sages. À la fin, l'horizon s'éclaircit quand le fiston passe sa Bar Mitzvah. Bien que shitté grave dans les toilettes de la synaguoge, il réussit sa lecture de la Torah
devant une assistance fondante d'admiration. Là, on se rend compte qu'une étape est franchie et que toute la communauté est reconnaissante. Fin des soucis, Mazel tov. Happy-end ambigu, drôle
et/ou dramatique, va savoir, on fait comme on le sens, mais le faut-il ? Là encore il nous manque le décodeur. Ou peut être n'y a t-il rien à décoder. Décidément, Joel et Ethan Cohen n'ont pas
fini de nous destabiliser. Au fond, je crois que j'aime bien ça.

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Angoisse militaire de Samuel Maoz
Avec Yoav Donat, Itay Tiran
Pas facile sur Haarg de donner un avis décalé sur ce huis clos étouffant. Ça sent la machine, le cambouis et
l'urine. Une vision de la guerre du Liban à travers le viseur d'une mitrailleuse Aspect exiguë d'un conflit sanglant. Nous sommes dans un char d'assaut. Dehors ça mitraille ça canarde, ça
agonise. À l'intérieur ça vibre et résonne comme dans une grosse caisse. Samuel Maoz est là, avec ses compagnons de combat. Ce qu'ils font, ne leur plait pas. Ils ont peur, un char ce n'est pas
un studio meublé à Neuilly et ce n'est pas non plus invincible, on peut y griller. Ce char avance et fait ce pourquoi il est fait, mitrailler un transport de volaille, une terrasse de café,
essuyer le tir d'une rocket. Ce que voit Samuel ne peut pas être tourné en dérision, même ici. Je me sens gêné, accroché à mon clavier, dehors c'est la guerre. Je n'ai rien à dire. Samuel m'a
saisi aux tripes, m'a hurlé son cauchemar. Ce qu'il a vu, ce qu'il a fait. Un film sans artifice, une tension palpable, une écriture à couper le souffle. Je vais mettre un moment à
m'en remettre.
Avertissement aux amateurs de film de guerre, celui là est un témoignage réaliste, simple et cru, il ne
laisse pas place au romanesque.

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