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Première partie |
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Première partie |
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Scories d'une guerre barbare de Hans-Christian Schmid
Avec Kerry Fox, Anamaria Marinca
Au cas où vous l'auriez oublié, une guerre salace s'est déroulée à coté de chez nous, durant les années 90/2000. Vraiment à coté de chez nous, à 20 heures de voiture de Paris ou si vous préférez à 10 heures de Marseille. Une heure ou deux heures d'avion nous séparaient d'une boucherie médiévale, en Yougoslavie, un pays qui a perdu ce nom. Serbes et Croates s'en étaient donné à cœur joie dans le salingue, assez vite rejoint il faut le reconnaître par l'UCK. Conformément à une tradition ancestrale dont on se croyait débarrassée en Europe depuis les records mondiaux nazis; les atrocités prirent une part importante dans ces luttes fratricides… quoique fratricide n'est peut être pas le mot juste. Bref aujourd'hui le tribunal pénal de la Haye traque les méchants, alors que la population de base continue à voir des héros dans ces tortionnaires (La population de base est vraiment de base). Enfin les générations nouvelles veulent leur part du gâteau européen. Forcément, ça tergiverse, ça se tord le nez, ça négocie. Et la justice dans tout ça ?? Eh bien la justice... elle fait ce qu'elle peut, comme celle qui dut un jour composer avec certains cadres nazis pour que tourne l'Allemagne d'après guerre. Bon d'accord, j'en vois au premier rang qui s'agitent derrière leurs pupitres. Je ne vais pas finasser en dix, douze lignes. J'essaie seulement de vous donner envie d'aller voir ce film. Il nous parle d'une procureure qui rame pour faire condamner un salopard et d'un témoin, une femme qui fut violée à répétition dans un lieu fait pour ça, avec exécution à la clé pour les indisposées. Un film difficile, mais excellent. Allez-y un mardi. Mardi est un jour nase qui supporte très bien les films magistraux mais un peu chiants.
Énervé de Tim Burton
Avec Johnny Depp, Mia Wasikowska
Commençons par le commencement. Dénonçons cette imposture qu'est la 3D. Le relief, on en fait tout un plat, mais finalement c'est creux et même gonflant. Le relief d'une image classique repose principalement sur la qualité de sa lumière, de son éclairage. Pour bien faire ça, il y a même un métier qui s'appelle éclairagiste. Très important la lumière et l'éclairage au cinéma. Au lieu de ça, on est obligé de porter d'énormes lunettes de plongée, qui nous font perdre au moins trois diaphs, pour ne profiter que de quelques effets, sans doute capitaux. Un chat qui se vaporise, un papillon en gros plan et quelques tasses de thé volantes. Pour le reste, ne cherchez pas du blanc ou des couleurs lumineuses il n'y en plus (à cause les lunettes). Tout ce qui devrait être blanc est gris à 25% de noir, toutes les couleurs subissent le même sort. Quand au contraste, eh bien il va de pair. Au diable le travail de l'éclairagiste. Fuyez les salles équipées en 3D. Leur foutues lunettes de soudeurs vous gâcheraient le plaisir. Pour le film... Lui ça va il est magnifique. Bien sûr c'est du Tim burton. Faut aimer. Ça n'a rien à voir avec les couples souffreteux qui pleurnichent à la terrasse d'un café des films français. Du Tim burton ça festoit dans la couleur, ça énerve dans les rayures, ça grinçouille dans les grilles en fer forgées tordues. Tim Burton c'est la reine rouge contre la reine blanche sur un jeu d'echec grand comme un terrain de foot ball Australien. C'est le jabberwocky qui fait peur au petits enfants, qui aiment ça. C'est le lapin qui parle, comme le cheval et le chien. Tout est turquoise et magenta dans une architecture baroque à la mord moi le roccoco. Bon je comprends que certains n'aiment pas. Ce genre de cinéma a un coté saoulant. Trop d'images tue la machine à décoder, là, à l'intérieur du crane, derrière les yeux... Mais quand même, n'est ce pas ça le cinéma ? Des images folles, comme le chocolat Lanvin. Tim Burton c'est un Dali qui aurait mangé des piments. Bien sûr, Alice en prend un coup dans l'aile. C'est une interprétation libre. Mais laissez vous porter. Observez la qualité graphique, c'est riche, trop peut être, mais beau comme du Melies. Courez vite dans une salle surtout non équipée 3D, Vous allez voir, ce que vous allez voir.

Rassemblement sportif au vélodrome par Roselyne
Bosch
Avec Mélanie Laurent, Jean Reno, Gad Elmaleh
1942, deux hommes d'état très zélés veulent à tout pris plaire à la bochitude dominante.
Pierre Laval et Maréchal Pétain décident de rafler 25000 juifs à Paris en une nuit. Projet ambitieux, même les Doryphores sont épatés. Ils ne manquent pas de faire remarquer, que de leur coté, Mussolini et Franco pour arrèter les Juifs, trainent les pieds avec une mauvaise volonté spectaculaire. Pétain et Laval, quant-à eux ça va, ils veulent être les premiers à la distribution de sucres d'orge. Leur fidèle valet René Bousquet rajoute des couches de zèle pour faire encore meilleur effet. Donc voilà, les citoyens de religion juive, enfants compris, sont emmenés sans ménagement au Vel d'hiv. Première étape avant un voyage improbable vers l'est. On réapprend qu'il n'y avait pas que Drancy comme camp de transit, mais Beaune-la-Rolande, où on ne mangeait que de la soupe à l'eau et Pithiviers, spécialisé dans les colonies de vacances pour les petits. Le Film démarre laborieusement avec des jeux d'acteurs pas terribles et des scènes successives, patchées comme-ci, comme-ça. Et puis d'un coup la gorge se noue, l'abomination nous saisis quand la police nationale, appuyée par les très répugnants miliciens du Parti populaire français, entreprend sa rafle déshonorante. Quelques citoyens s'interposent vainement, d'autres tentent quelques coups rusés pour sauver telle ou tel. Mais la machine à faire vomir est en marche. Les familles sont parquées au vélodrome, la reconstitution est saisissante. On y apprend aussi à faire des distingos corporatistes, la différence entre policiers, gendarmes et pompiers, qui n'ont décidément pas les mêmes valeurs Il faudra moins de six jours pour envoyer toutes ces familles via le Loiret vers la Pologne... L'histoire nous la connaissons. Nombreux d'entre nous n'apprendront rien par ce film. Le fait est qu'il existe. Nos enfants iront le voir et pour ça Roselyne Bosch a bien fait.
Comédie pas normale par Grant Heslov
Avec George Clooney, Ewan McGregor, Jeff Bridges
Bob Wilson, un journaliste « petits pieds » a des déboires conjuguaux et part à la guerre pour que les choses deviennent pires. Il rencontre Lyn Cassidy, un prétendu jedi de l'US Army, qui combat le terrorisme. Les jédis, justement, un corps d'élite aux super-pouvoirs créé par un ancien du Viet nam complètement à l'ouest. Une sorte de gourou hippie adepte du déplacement de guéridons. Pour ceux qui ont connu les années 70/80, ils se rappellent la sous littérature paranormale qui circulait en ces temps reculés. Façon : la matière est composée de vide est d'atomes. Quant tu maîtrises cette matière par l'esprit, elle n'est plus qu'un leurre. Par conséquent, comme il ne reste plus que le vide, tu peux traverser les murs. Je vulgarise. Mais quand on se souvient du succès du livre "Le Matin des magiciens" on mesure la profonde confusion mentale qui régnait à l'époque. Les rumeurs de recherches paranormales menées par les grandes nations (surtout l'URSS, forcément plus mystérieuse) ne faisaient qu'attiser ces théories absconnes. Par conséquent, ces jédis, héritiers de ces errements de la pensée, imprégnés par la bonté fondamentale de moines en pyjamas oranges d'altitude, croient dur comme fer qu'ils peuvent influencer la matière par la pensée et toutes les autres conneries psychokinèsiques à la mords moi le nœud à distance. On se retrouve, durant la première guerre du golf, en présence de militaires capables de pénétrer le cortex d'une chèvre et de deviner le nombre de petites cuillers dans un tiroir. En réalité tout est bidon, ça foire de partout. Ce film démonte à la déconne l'invraisemblance des techniques de contrôle de la pensée et autres téléportations. Comme "Le Pendule de Foucault" (livre d'Umberto Eco) déglinguait avant la date la paranullité du « Da Vinci code » et de « Anges et démons ». J'avoue que j'amalgame, mais nous sommes dans un registre voisin. Les chèvres du pentagone est donc une comédie amusante, qui fait le ménage avec la connerie et c'est un point positif.
Documentation littéraire à ressorts de Roman Polanski
Avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan
Le film s'intitule Ghost-Writer (écrivain fantôme). Traduire «nègre». je ne vous dis pas la gueule des associations anti-raciste. La distribution a préféré passer à coté d'une campagne de promotion opportune, gratuite, que lui auraient offerte les bien-pensants aux délires forcenés comme on les aime chez nous Donc restons en au titre anglais, qui ne nous dit évidement rien. Roman Polanski, quand il ne met pas le doigt dans une très jeune fille (certes très délurée et consentante), il le met là où ça interpelle. L'histoire : Notre ghost-writer-nègre est engagé pour achever de rédiger les mémoires du Premier ministre britannique, Adam Lang. Mais dès le début de cette collaboration, le projet fait des grommelots, vu que le précédent ghost-nègre-writer du ministre a été retrouvé sur une plage glaciale, tout mouillé avec des algues et des crevettes dans la bouche; la langue tout bleue et les yeux exorbités. Certains appelle ça « mort par noyade ». Forcément comme ce n'est pas la saison des bains de mer en gabardine, ça prend une tournure suspecte. Peu à peu nous sommes emportés par un angoissant suspense monté avec des bouts de ficelles. Cest vraiment bien fichu. Comme on s'identifie vite fait à cet écrivaillon facile, pas héroïque, juste un peu curieux, on y croit. En plus de ça, Roman Polanski, met le doigt (comme j'ai dit) sur un détail de l'histoire assez troublant. Évidemment toutes ressemblances entre Adam Lang et un quelconque premier ministre britannique, pris au hasard, ne seraient qu'accidentelles. C'est sûr. Mais ça nous met une drôle d'hypothèse en place dans l'intérieur du crâne. Enfin de là à y croire... faut quand même pas pousser... quoique bon, quand même. Ce movie très bien fait, nous rappelle la vague des films dénonciateurs des années 70/80 et c'est une bonne médecine. En même temps ça finit de la même façon que tous ces ouvrages du genre. Style : "Dommage c'est con, on les tenait par les burnes, mais rien n'arrête ces sacrés enfoirés..." Donc voilà. Ça devrait vous plaire, surtout si vous êtes adeptes de la théorie du grand complot et des coups tordus.

Thriller énervant de Grégoire Vigneron
avec Benoît Magimel, François-Xavier Demaison, Julie Gayet...
Imaginez un chef d'entreprise multinationale naif et indécis. Là vous vous dites qu'il y a une erreur. Eh bien il n' y en a pas. C'est le parti pris de Grégoire Vigneron. Ce choix est très énervant. Benoit Magimel fait le patron, dynamique, grosse bagnole, pognon, appart' de luxe à Bruxelles et tout. Un de ces jours il rencontre par hasard un ancien ami de lycée : Patrick. N'importe quel blaireau, même moi, s'apercevrait tout de suite que ce Patrick est une planche pourrie. Magimel-patron, lui, non. Il ne flaire rien. Et voilà qu'il se laisse embringué dans une histoire dont personne n'aurait voulue. Même le ravi du village n'aurait pas marché, mais Magimel-patron, lui, si. Tout ça a des conséquences; de plus Magimel-patron a des états d'âmes très mauvais conseillers. Des états d'âmes pour un patron, je vous demande un peu. Bon. À un moment ça tourne mal et à partir de là, c'est dingue, Magimel-patron au lieu de faire le mort avec le dos rond, qui rase les murs. Le voilà qu'il va partout où il ne faudrait surtout pas qu'il soit, pose des questions qu'il ne faudrait surtout pas poser et s'emmêle les pieds partout, même là où il n' y a pas de tapis. Ça énerve. Un peu émotif primaire le garçon, on y croit moyen. Mais voilà ça doit être ça l'astuce du film. Les situations traversées par notre anti-héros sont tellement inimaginables, qu'on finit par se laisser prendre au jeu. Faut dire qu'il y met du sien, il n' y a pas une connerie qu'il ne fait pas. Un grand patron comme ça... Mais finalement de énervant, vous n'allez pas me croire, ce film devient carrément captivant. Comme le personnage est plutôt sympathique, on souhaiterait qu'il se sorte du foutu pétrin où l'à fourré Patrick (le copain de lycée, vous vous souvenez?). Aucune chance à la première lecture, mais Patrick est tellement trop con qu'il y aura un rebondissement et que tout finira bien, happy fine, gloria in excelsis deo, pouet-pouet.
C'est correctement fait, on passe un moment énervant, mais pas décevant.
Labyrinthe chez les brindzingues de Martin Scorsese
Avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo
1954. Teddy Daniels et Chuck Aule enquêtent sur la disparition d'une patiente évadée d'un hôpital psychiatrique à sécurité maximale. L'hôpital est basé sur Shutter Island, une île inaccessible située à 17 km au large de Boston. Jusque là ça ressemble à du Gaston Leroux, ou à de l'Edgar Poe. Une chambre fermée de l'intérieur d'où s'est échappée la malade, mystère... Nous ne sommes pas tenus longtemps en haleine par cette énigme qui passe rapidement au second plan. Vite fait, nous nous emberlificotons les pattes dans un labyrinthe aux portes de la folie et du grand complot. Teddy Daniels, U.S. Marshall interprété par Di caprio (excellent) a quelques vieux démons qui lui collent au train. Ils lui rendent l'enquête tordue, dans un décor pourrave où l'ile du docteur Moreau fait figure de villégiature Pierre et Vacances. Tout ça est bien fabriqué. Nous sommes embarqués, un peu paumés, dans un sac de noeuds de carrick à tiroirs. En fait Martin Scorcèse nous roule dans la farine, nous ne savons plus faire la différence entre notre tête et notre cul. Il nous berne et nous surprend par un final doublement vicieux. L'extraordinaire de son interprétation est qu'à aucun moment nous perdons le fil du récit, même si la tendance est à nous faire perdre pieds. D'après la nouvelle de Dennis Lehane. Ce film est un étonnant voyage aux limites de la raison. Vous devriez aller le voir et vous comprendrez qu'à trop prendre les vessies pour des lanternes, à la longue on se brule.

Course poursuite exotique par Tony Gatlif
Avec Marc Lavoine, Marie-Josée Croze, James Thiérrée
Une famille de manouche en 1943. Roulotte bringuebalante à l'ancienne, feu de bois, violons, nigloux en brochettes. Taloche, le ravi familial, court à perdre haleine sur des bases proches des 47 secondes aux 400m, sans arrêt en poussant des cris pas frais, c'est balèse. Sorte de bon sauvage, symbole innocent de cette soif démesurée de liberté. A cette époque être tsigane c'était être dans l'œil du cyclone nazi. Période que retrace le film, avec ses fonctionnaires zélés additionnée à la haine populaire, accumulée aux fil des siècles, à l'encontre des voleurs d'enfants et de poules. Ceux là furent jetés dans le camp bien Français de Montreuil-Bellay, avant de rejoindre par le train d'autres destinations finales. On notera les plans fixes en pieds, façon « authentiques » aux gueules de Tony Gatlif enfant. On voyage dans le temps. Le film, sous un aspect ethno, nous raconte cette famille, les gens qu'elle rencontre. Des bons, des mauvais. Le maire et l'institutrice du village font ce qu'ils peuvent pour aider ces gens bien mal formatés. Entrer dans la norme des « gadjos » pour survivre serait une solution, mais l'appel de l'espace est plus fort; ils repartent sur les routes où guettent le boche et le collabo. Tout ça a de la tripe, comme ce Gatlif, ambassadeur des Roms. Ce film vaut par la dénonciation de ce drame historique. Sur un plan purement cinématographique, on regrette son traitement trop classique qui peut laisser en panne d'émotion malgré une bande son collée à la roue du "camping". Il tombe aussi à point nommé, quand la politique nationale à l'égard de l'étrange étranger se chante comme « maréchal, nous voilà ». Aujourd'hui, une charogne pue quelque part en république française et les films comme « liberté » sont là pour que nous conservions l'odorat.

Thriller foutraque de Joon-ho Bong
Avec Won Bin, Kim Hye-Ja
Film Coréen subtil, barrant dans tous les sens. Joon-ho Bong est un spécialiste du mélange des genres, un jour une comédie (Barking dog), le lendemain un monstre constipé à nageoires (Lost). Avec « Mother » il se surpasse. Ce film est une grosse lasagne avec plein de couches et plein de trucs comestibles dans les couches. Nous passons du thriller à la comédie en dérivant par un découpage à l'occasion surréaliste. L'histoire : un jeune homme, jadis bercé trop près du mur, est accusé d'un meurtre particulièrement moche. Sa mère qui le couve comme un gosse de 4 ans, va tout entreprendre pour l'innocenter. Prouver qu'un autre est coupable. La mère est tout de même grave, elle ne lâche pas son rejeton depuis sa naissance, dort avec, lui regarde la bite quand il va pisser. Elle aussi ne va pas bien-bien. Nous avons alors tout loisir d'apprendre qui a réellement tué. Le meurtrier n'est peut être pas celui qu'on croit. De rebondissements en fausses pistes, le vrai sera arrété, alors que tout porte à croire que ce dernier est innocent. Vous me suivez, là ?. Bon, « Mother » enquête, elle est tour à tour une vraie cruche ou une petite futée. Elle fout son waille, harcèle la police, maltraite le colonel Moutarde, dans le garage à vélos, à coups de pinces à linge. Dans la salle on se régale, c'est du grand art. Écriture parfaite, rythme, poésie, violence juste comme il faut, tout y est. Mieux que ça, Joon-ho Bong peut faire monter le suspense avec trois bouts de ficelles, comme cet angoissant cheminement pieds nus entre des bouteilles de Contrex, fascinant. Ne boudez pas votre plaisir courez vite voir ce petit chef d'oeuvre. Enfin vivez à votre tour un immense thriller : trouvez la salle.
