CINEMA

Sherlock SmallAssassinat de Conan Doyle par Guy Ritchie

Avec Robert Downey Jr., Jude Law


Faisons simple. Ce film à n'en pas douter fait du cinéma. Il y a des images qui bougent, du bruit, de la musique et des effets spéciaux. Donc, bon. En deuxième lecture si on y va avec son cerveau, heu.... ben non. C'est un peu la nouvelle tendance des boites de prod, comme elles manquent d'idées elles vont piocher dans le patrimoine puis le déforment; invoquant la nouveauté et un prétendu respect de l'œuvre initiale (qu'on nous aurait galvaudé jusqu'à présent, si, si, je vous assure). Sherlock Holmes n'était donc pas ce que nous croyions. Ce personnage bien campé depuis plus d'un siècle n'a plus qu'à bien se tenir, Hollywood arrive et piétine tout sur sa route avec ses grosses bottes d'inculte du wildwest. Ajoutez à cela une coproduction australienne garante du bon goût bon chic, qui n'arrange rien. Le réalisateur Guy Ritchie. « Arnaques, crimes et botanique » « Snatch », possède assurément un style atypique, devenu pour l'occasion un moyen anachronique juste bon à détraquer le climat, au seul profit d'un Watson, soudain au sommet de sa gloire (un point positif). Pour le scénario, on balaie le rationalisme Holmessien pour basculer dans le pseudo langage jeux vidéo bédée-ado, secte criminelle, maître du monde, super pouvoir. Mais ouf dans les dernières secondes Holmes démasque Moriarty et ses coupables jeux de passe passe. Conan Doyle est sauf comme l'honneur de la troisième aile britannique de la production. Ce qui faisait le génie de Ritchie, produit aujourd'hui une furieuse bouillie dans une intrigue où il n' y a rien à comprendre et où précisément on ne comprend rien. Ajoutez à cela des enjoliveurs chromés : deux personnages féminins posés là pour remplir le casting. Un gros brutal récurrent et d'inutiles scènes à la fort Boyard (la boucherie charcuterie avec ses flammes et sa scie à ruban vaut la fuite à elle seule). Pour le reste on salue l'excellence des scènes de pancrace et l'expertise de notre détective en Krav maga. Film déstabilisant où on perd rapidement son anglais. Ça se laisse néanmoins regarder.

 

Holmès


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invictusPolitique, bouchons et caramels de Clint Eastwood

Avec Morgan Freeman, Matt Damon


J'aime bien le rugby. Quand je logeais au laboratoire d'expérimentations pharmaceutiques, chaque mercredi nous avions le droit de jouer au rugby avec le chat. Nous n'avions pas de ballon. C'est dire que j'ai une grande expérience. Mais ce film du grand Clint nous parle d'autre chose. De clairvoyance et d'humanité. En 1994, l'élection de Mandela marque la fin de l'Apartheid, mais l'Afrique du Sud reste une nation profondément divisée sur le plan racial et économique. Pour unifier le pays et donner à chaque citoyen un motif de fierté, Mandela mise sur le sport. Ce monsieur Mandela, de couleur noire, avait à résoudre un réel problème d'identité nationale. Son charisme doublé d'une sagesse politique exemplaire firent qu'il sentit l'importance du rugby, sport de blancs, au coeur de cette nouvelle nation. En respectant ce défouloir magique, il provoquait en douceur le pardon de la population noire. Et, respectant les blancs, il leur gardait une place sur l'échiquier. Il lui fallait bien du courage, d'autres plus rancuniers en auraient volontiers fait des lacets. Cet homme avait un rêve, il s'était préparé à le réaliser avec pour seule arme, la tolérance. Pour ça, il lui fallait voir loin et clair, fuir le chant des sirènes et les idées malsaines. Dans le film Morgan Freeman est plus Mandela que vrai, quand à Matt Damon, son rayonnement de palourde l'éloigne de François Pienaar, capitaine de l'équipe d'AF, comme vous de Sébastien Chabal. Mais à part cette erreur de casting et d'autres rugbystiques comme ces chants de supporters de foot, force est d'admettre qu'une fois de plus Clint a bien fait. Donc l'idée est que les Springboks remportent la coupe du monde de rugby... oui de rugby, j'en vois trois qui ne suivent pas au fond. Évidemment si vous n'aimez pas ce jeu, le dernier quart d'heure de projection vous paraîtra insupportable. C'est que ça bouchonne, ça caramelle, ça castagne et poum et poum. C'est  toute la magie du rrruby, C'est sans danger, ça ne fait pas mal, les coups sont tout en rondeur, con. Allez voir ce film, surtout en ce moment. L'image d'un grand chef d'état ne peut que nous oxygéner.

rugby


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tsarDrame de la folie de Pavel Lounguine

avec Piotr Mamonov, Youri Kuznetzov, Oleg Yankovsky


Ivan le terrible avait une hygiène dentaire très contestable, il devait sacrément refouler des chicots. On le voit bien dans le film et on comprend pourquoi ses sujets l'appelaient « le terrible ». Passé la première impression olfactive, nous découvrons son regard illuminé de dangereux con-béni, puis son élégance ambiancée concours de l'Eurovision, tout vêtu de tapis et de rideaux à motifs de velours. Ivan était timbré. Il avait un style de gouvernance très personnel. Il voyait partout des traitres, des comploteurs, des empoisonneurs. Tout son entourage ne demandait d'ailleurs qu'à avouer ses crimes sous les pires tortures. Bref, c'est du cinéma russe, le propos est ficelé, il y a du texte, faut suivre. Les acteurs quant-à eux, plus vrais que vrais, en font à l'occasion des tonnes dans l'expression élastico-faciale, c'est Russe je vous dis; parfois même un peu Eisenstein sur les bords, avec une musique bombardante du coté des neurones (bien la musique, bien). Sauf que sur le fond ce n'est pas du Eisenstein (qui servait la soupe), mais plutôt la dénonciation de ces dirigeants qui accompagnèrent l'histoire russe. On dit même que ça continue. C'est le propos qu'on peut retenir de ce kinos me semble-t-il. Pouti... heu.. Ivan seul contre tous, c'est Richard III en chapka, au delà des lois. Ou comment la fin justifie les moyens, raison d'état et tout le toutimskoff. Non rien n'est justifiable, Yvan est seulement un fou de dieu, comme-ci, comme ça, comme ça l'arrange. Un coup il nomme un super pope, celui-ci lui résiste, le lendemain il le jette en geôle. Tel qui prie Vendredi, Dimanche est fin roti. À la fin Ivan n'a plus que ce qu'il mérite, on transpose et on imagine aujourd'hui. Épique, sanglant, ce « Tsar » a de la Stalinitude. Si vous trouvez la salle où ce film est projeté, ne laissez pas passer l'occasion de le voir.

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mister-nobody.jpgTorsions temporelles à ressorts de Jaco van Dormael

Avec Jared Leto, Sarah Polley


Jaco van Dormal, réalisateur Belge nous emmène dans un curieux voyage fantastique. Année 2092, Nemo Nobody a 120 ans, avec une gueule de Little big man sur la fin ou sur le commencement, c'est selon. Affabulateur, peut être. Confus certainement. Mais commençons par la fin si vous voulez bien comprendre le début. Dans la vie on est ce qu'on fait. À chaque fois qu'on fait autrement, ça devient différent. Vous me suivez? Bon, eh bien ça va, parce que moi, j'ai déjà des difficultés. Ensuite il y a les influences extérieures genre effet papillon. Un type qui fait cuire un oeuf dur au brésil provoquera une pluie telle à Lons le Saulnier, que vous ferez une glissade fatale, si vous êtes dans cette ville ce même jour. Mais comme vous avez pris le mauvais train à la gare d'Austerlitz, vous vous retrouvez à épouser une lançeuse de marteau, à Prague. Le film c'est ça, Mr Nobody nous raconte toutes les options qu'il a explorées. Ce qui nous donne trois pistes coté bonnes-femmes. L'aimante, la tordue, la convenue. C'est à dire, celle qu'il aime et qui l'aime, celle qu'il aime et qui ne l'aime pas et celle qu'il n'aime pas mais qui l'aime... maintenant je fais une pose, je vais boire un café...

La destinée n'est pas écrite, ce serait trop simple. Ou, si elle l'est, c'est par Jaco van Dormael. Au commencement de la fin, celui-ci offre une dernière option spéciale aux spectateurs conventionnels. Ouf on respire. On comprend autre chose, mais mieux. Au centre (entre la fin et le début) Il nous est offert une théorie en neuf dimensions, très science-fi. Le big bang revu à l'envers, le big crunch. L'univers en expansion producteur de désordre, fait du rangement dans son gros bordel et se contracte, le temps se déroule dans l'autre sens et nous revivons les srevne'l à sesohc semêm. Drôle d'impression que d'abandonner le clavier azerty pour le clavier wxcvbn. Théorie amusante et beaucoup moins improbable que l'existence de dieu. Là je vous sens largués. Rassurez vous, moi aussi. En un mot comme en beaucoup, ce film est génial (j'ose), j'ai adoré. En plus la mise en scène est pharaonique., c'est Star war à Bruxelles. Bref, que du plaisir (comme disent les moniteurs de rafting). Je vous conseille vivement d'aller voir ce movie, sinon, selon l'effet papillon, dans un lointain pays en voie de développement, une gentille petite fille sera privée de dessert.

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agora smalConte philosophique à l'ancienne de Alejandro Amenábar
Avec Rachel Weisz, Max Minghella, Oscar Isaac


Film à l'odeur et à la couleur de peplum, mais qui en renouvelle le genre. Pour les amateurs quelques bons cartons, mais pas de grandes batailles épiques, pas de courses de chats, ni de combats de radiateurs en slip. J'explique : Une demoiselle Hypatie vivait à Alexandrie, une ville avec un phare et une bibliothèque bien connus des touristes romains. Hypatie avait oublié d'être stupide, ce qui à cette époque se remarquait. Philosophe, fine lettrée, elle enseignait , gratos, Platon ou Aristote aux braves gens qui ne pouvaient pas écouter Morandini à la tsf. Elle savait plein de choses, au point de commenter l'arithmétique de Diophante, les tables de Ptolémée et les coniques d'Apollonius de Perga. Ça vous en bouche un coin... si, si je le sens. Notez que la gazelle avait effleuré l'idée que la terre, déja évidemment ronde, tourne autour du soleil selon une orbite elliptique. « Ahahah la conne, alors que tout le monde sait que la terre est plate, que le soleil est accroché au plafond comme un lustre et que le ciel est soutenu par quatre gros vérins sur les cotés ». Forcément quand on sait plein de choses contraires à la religion on est embêté. Déjà en 380  les créationnistes et les gens possesseurs d'un cerveau se crêpaient la tunique. Il faut dire que les astronomes tâtonnaient et peinaient à confirmer leurs théories, il leur manquait plusieurs pièces au playmobil et justement Hypatie les cherchait et les touchait du doigt. Bref vous l'avez compris c'est un film où on révise. Mais soudain, ne voilà-t-il pas que les curés et leur obscurantisme borné, viennent poser leur épaisses caligaés dans l'enceinte de la fabuleuse bibliothèque? Quel beau feu de joie. Aviez-vous déjà remarqué combien la religion et la connerie ont quelque chose en commun? L'autodafé entre autre. Là il s'agit de parchemins. Au passage on massacre un peu, on lapide et on éventre au nom de dieu. Il faut être d'accord avec son amour et sa tolérance, sinon on est tué. C'est la moindre des choses. Pour le coup on ne peut pas éviter de faire un parallèle avec une certaine actualité. On retiendra que l'église a ralentit la science de douze siècles et on se dit que d'autres voudraient bien y revenir. Ça énerve, d'autant que l'héroïne finit mal. Savante et femme en plus... une sorcière je vous dis, une sorcière. Soyez progressistes, allez voir Agora, c'est beau et c'est bien fait.

agora

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esther smallCrise d'adolescence de Jaume Collet-Serra
Avec Vera Farmiga, Peter Sarsgaard


Ça commence avec une scène d'accouchement inutilement gore. Un cauchemar. Échappant au pire, on revient à une écriture plus classique, qui aurait suffit pour ouvrir le bal.  L'histoire : bouleversée par la perte de son bébé et ne pouvant en concevoir d'autre, Kate Coleman décide avec son mari John, d'adopter un autre enfant. Ce sera Esther, une gamine qui va vite se révéler être une sacrée chieuse... Bon, des comme ça on en a vu mille, construits sur les mêmes ressorts. Le couple embarqué dans une spirale angoissante et tueuse. Mais ici, le scénario nous réserve quelques surprises. Esther est vraiment une enfoirée de première. On sent bien qu'il y a un défaut, cette gamine de 9 ans peint à l'acrylique comme une adulte, maitrise la surimpression du noir et les mélanges sympathiques. Elle joue aussi du Stravinski à quatre mains, mais avec seulement deux; enfin elle apprend le langage des sourds muets en deux heures et demi. On se dit qu'une fois de plus on n'a pas échappé à une histoire de possession ammoniaque. Eh bien non, erreur, la scène à Rio est plus maligne que ça. Bon je ne vais pas m'étendre, ce n'est qu'un film pour énerver et faire peur. Mais la tension monte bien jusqu'à l'apothéose, comme toujours excessive, mais au moins on sait ce qu'on est venu voir au cinéma. Dans le movie il y a une gamine de 5 ans qui tient un rôle de second couteau (ou marteau c'est selon). On suppose alors, que s'il y a un film à réaliser ensuite, c'est celui de sa psychothérapie lourde. À voir, surtout si la salle est chauffée.
esther

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TetroTorturation de la psychologie par Francis Ford Coppola

Avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich


Francis Ford nous avait déjà fait le coup du noir et blanc avec Rusty James. Un film gris où flottaient de temps en temps des poissons rouges, rouge. Francis Ford n'est pas un rigolo quand il dirige une œuvre cinématographique et ce choix décomplexé semble vouloir nous dire «là, je fais comme je veux...». Les images basculent du noir et blanc à la couleur dans un ordre chronologique peu habituel, avec des changements de formats inattendus. C'est le foutoir, hors des sentiers codés. Rassurez-vous, on suit très bien. En revanche, le scénario, psychologiquement trapu, nous oblige à ne pas oublier son matériel cérébral à la maison. Je raconte : Deux frères. Le cadet recherche le père pour combler des zones d'ombres affectives; alors que l'ainé le fuit (C'est pour mieux l'assassiner, mon enfant). Francis Ford (qui m'a téléphoné hier) nous dit que cette histoire est en partie personnelle, quasi autobiographique. Elle ne se serait jamais réellement passée, mais elle aurait put quand même. Tetro, interprété par Vincent Gallo-gueule-de-western-tagliatelles, a une dent contre papa-artiste-tyran, que le petit frère Bennie-belle-gueule n'a jamais connu de visu. Tetro est passé par les portes de la démence. Bennie fouille les valises pour comprendre l'incompréhensible, attendu qu'il lui manque des écrous dans le Méccano. C'est qu'entre les deux frères, le sac est plein de nœuds. Des drames, un manuscrit imbitable genre codage Enigma et un secret style « chat écorché caché sous le tapis ».... Vous voyez que ça se complique très vite. Faut suivre en s'accrochant sévère aux accoudoirs. Francis Ford s'est fait un gros plaisir en réalisant un film à l'Européenne. En choisissant l'Argentine comme espace à cette histoire, il inscrit une latinitude à ce récit proche d'un Almodovar. Bref, un movie que personne aux States n'aurait diffusé. Nouzôtres, on se tord un peu le nez pendant la première heure de projection, puis l'œuvre s'installe et nous embarque, sans regret.

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Opérette interdite de Bahman Ghobadi


Film à la limite du documentaire, réalisé avec des bouts de ficelle. Il nous entraîne dans l'univers musical underground en Iran. Pour information, au cas où vous seriez mous du bulbe, l'Iran est un immense pays héritier de la civilisation Perse. Aujourd'hui dirigé par une poignée d'allumés qui se réfèrent abusivement au Coran pour contraindre la population. Selon l'ayattola Khoménie, illustre auteur du petit livre vert, la musique serait une arme de Satan, qu'il convient d'interdire. Entretemps le manège s'est ralenti. Si la musique n'est plus interdite, elle doit répondre à des normes strictes à la con. Sinon point d'autorisation, parcequ'il faut demander, voyez-vous... Par exemple une chanteuse ne peut pas chanter seule, ce n'est pas hallal. Il faut qu'elles soit deux. 40 ans après Oum Kalsoum, on se demande de quel cerveau shiite est sortie cette idée saugrenue. Les religieux  de l'extrème aiment bien ces interdictions, ce qui en dit long sur leur méconnaissance des peuples de l'Islam, si riches en musique et poésie. A Téhéran faire de la musique n'est pas un jeu d'adolescents, c'est un combat politique. La jeunesse musiqueuse, entre deux séjours en prison, butine de caves en étables pour préparer des concerts clandestins. On répète des chansons, en voiture, sur l'autoroute. L'autoroute c'est mieux, on a plus de temps. L'autre sport national consiste à établir de faux documents, pour quitter le pays le temps d'un concert en occident. Tarifs prohibitifs. L'argent reste, ici comme ailleurs, le principal obstacle à tous projets. Nous découvrons cet univers en suivant Nader à un rythme effréné, impayable coach-manager au débit de tchache surréaliste. Il nous entraînent de groupes en groupes, tous sous la menace d'une dénonciation et d'une descente de police : Rockers harcelès par un gamin cafteur, rapers marginaux ancrés à leur sol, lutteurs d'un rap contestataire limpide et enfin émouvantes chanson et danse traditionnelles. Toutes expriment ce même cri, ce même appel à la liberté. Au sommet d'une tour en construction, un raper scande son appel désespéré « dieu, réveille toi, j'ai à te parler... ». Puis un soir, l'affaire tourne en eau de saucisse, la faute à la police. Ça ne finit pas bien. Là bas ce doit être un classique... L'intrépide réalisateur Bahman Ghobadi a passé sa vie en lutte contre ce pouvoir. Aujourd'hui, avec ses deux comédiens ils vivent l'injuste retour des choses et sont bannis d'Iran.


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avatar copieAbysses scénaristiques de James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana


Comme disait ma grand mère à propos de Holiday on ice : « Il y a de beaux costumes, c'est très coloré » elle aimait bien aussi le cinéma pour les mêmes raisons, Sissi impératrice. Eh bien Avatar, c'est la même chose. De belles couleurs, de beaux costumes et de surprenants effets spéciales (en plus). C'est beau, de bon goût comme le nouveau monde et c'est bien fait. L'histoire : les terriens exploitent une lointaine planète habitée par des bouseux, les Na'vi. Pour les contrôler, les terriens malins créent des « Avatars ». Une sorte d'infiltrés semblables aux autochtones, télécommandés à distance. L'ex-marine Jake Sully, paraplégique, s'en paie de belles dans la peau de son avatar, ambiance publicité Orangina-ile-du-docteur-Moreau. Il est bleu à rayures, ça lui plait bien. Chez les Nav'i  c'est cui-cui pouet-pouet, les petits zoiseaux. En face, ça rigole pas, il y a des quotas à tenir et les actionnaires tiennent les cordons de la bourse. Pas facile de choisir entre une civilisation qui avance en faisant des conneries et une qui stagne en tirant à l'arc sur des tulipes... Inévitablement ça cartonne, ambiance "les méchantes tuniques bleues contre les si attachants comanches grilleurs de roupettes", avec les scalps en moins. Nous ne sommes pas dans du Mel Gibson nous sommes dans du James Cameron (le réalisateur de Titanic, comme disent les cinéphiles). Bon, James Cameron est un super professionnel. Il ne nous a jamais impressionnés par sa créativité, mais c'est un faiseur supérieur avec de grosses moyens. Bravo. C'est un magnifique spectacle visuel. C'est du vrai grand cinéma à la Méliès, soufflant, j'adore. Allez-y Dimanche avec les mouflets, ils voudront revenir en deuxième semaine.

Avertissement : La version 3D est très bien, mais les lunettes spéciales font perdre 40% de luminosité. Faut choisir.

Avatars xl


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proposition smallWest-eastern pue la sueur de John Hillcoat

Avec Guy Pearce, Emily Watson


John Hillcoat réalisateur de “La route” semble se spécialiser dans les films de genre, là c'est un western qui nous est livré avec quatre ans de retard. Mon avis que les distributeurs profitent de la sortie de “La route” pour nous servir une nouvelle couche d'Hillcoat. Il ne manquait sur l'affiche que la béquille indispensable aux cinéphiles avertis, sous forme de patch con “Par le réalisateur de...”. Donc c'est un western, tellement à l'ouest qu'il est déjà à l'est, ou presque, enfin c'est limite, en Australie. Fin du dix neuvième siècle, dromadaires, kangourous, ornithorynques, bière. Quelques barbares pillent, violent et tuent. Bref, font des misères aux braves gens. Comme arrive le vingtième siècle, le sergent Stanley voudrait bien faire le ménage et civiliser ce petit monde, même par la force sauvage s'il le faut. Il applique certaines de ses idées novatrices, dont une proposition qu'on ne peut pas refuser à l'un des frères Burns (oui comme burnes, exactement). Mais ça ne marche pas comme ça, donc ça se complique. On apprécie au passage la délicatesse des rapports raciaux entre colons et aborigènes. Comme la délicieuse confraternité sociale du charmant continent. S'ajoute à celà une hygiène locale renforcée par des tourbillons de mouches infinis : Cheveux gras, ongles crasseux, ça pue les pieds, les aisselles et le pubis ranci plus fort que dans un western à la Bolognaise. Coté violence ça fait penser à Sam Peckinpah, mais en plus câlin. Nous voilà embarqués entre initiation et trip au soleil halluciné. l'Australie a une histoire, elle passe aussi par le colonialisme, le racisme, la justice expéditive. Ça fait Américain, mais en plus torride. La bande son de Nick Cave, rocker-troubadour bien connu des rats de concerts, vient superbement soutenir le scénario du même poète. Tout ça est très bonnard. Surtout quand on sait que la photo vient du Français Benoît Delhomme. Alors, donc c'est parfait...

  propo

 


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