esther smallCrise d'adolescence de Jaume Collet-Serra
Avec Vera Farmiga, Peter Sarsgaard


Ça commence avec une scène d'accouchement inutilement gore. Un cauchemar. Échappant au pire, on revient à une écriture plus classique, qui aurait suffit pour ouvrir le bal.  L'histoire : bouleversée par la perte de son bébé et ne pouvant en concevoir d'autre, Kate Coleman décide avec son mari John, d'adopter un autre enfant. Ce sera Esther, une gamine qui va vite se révéler être une sacrée chieuse... Bon, des comme ça on en a vu mille, construits sur les mêmes ressorts. Le couple embarqué dans une spirale angoissante et tueuse. Mais ici, le scénario nous réserve quelques surprises. Esther est vraiment une enfoirée de première. On sent bien qu'il y a un défaut, cette gamine de 9 ans peint à l'acrylique comme une adulte, maitrise la surimpression du noir et les mélanges sympathiques. Elle joue aussi du Stravinski à quatre mains, mais avec seulement deux; enfin elle apprend le langage des sourds muets en deux heures et demi. On se dit qu'une fois de plus on n'a pas échappé à une histoire de possession ammoniaque. Eh bien non, erreur, la scène à Rio est plus maligne que ça. Bon je ne vais pas m'étendre, ce n'est qu'un film pour énerver et faire peur. Mais la tension monte bien jusqu'à l'apothéose, comme toujours excessive, mais au moins on sait ce qu'on est venu voir au cinéma. Dans le movie il y a une gamine de 5 ans qui tient un rôle de second couteau (ou marteau c'est selon). On suppose alors, que s'il y a un film à réaliser ensuite, c'est celui de sa psychothérapie lourde. À voir, surtout si la salle est chauffée.
esther

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TetroTorturation de la psychologie par Francis Ford Coppola

Avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich


Francis Ford nous avait déjà fait le coup du noir et blanc avec Rusty James. Un film gris où flottaient de temps en temps des poissons rouges, rouge. Francis Ford n'est pas un rigolo quand il dirige une œuvre cinématographique et ce choix décomplexé semble vouloir nous dire «là, je fais comme je veux...». Les images basculent du noir et blanc à la couleur dans un ordre chronologique peu habituel, avec des changements de formats inattendus. C'est le foutoir, hors des sentiers codés. Rassurez-vous, on suit très bien. En revanche, le scénario, psychologiquement trapu, nous oblige à ne pas oublier son matériel cérébral à la maison. Je raconte : Deux frères. Le cadet recherche le père pour combler des zones d'ombres affectives; alors que l'ainé le fuit (C'est pour mieux l'assassiner, mon enfant). Francis Ford (qui m'a téléphoné hier) nous dit que cette histoire est en partie personnelle, quasi autobiographique. Elle ne se serait jamais réellement passée, mais elle aurait put quand même. Tetro, interprété par Vincent Gallo-gueule-de-western-tagliatelles, a une dent contre papa-artiste-tyran, que le petit frère Bennie-belle-gueule n'a jamais connu de visu. Tetro est passé par les portes de la démence. Bennie fouille les valises pour comprendre l'incompréhensible, attendu qu'il lui manque des écrous dans le Méccano. C'est qu'entre les deux frères, le sac est plein de nœuds. Des drames, un manuscrit imbitable genre codage Enigma et un secret style « chat écorché caché sous le tapis ».... Vous voyez que ça se complique très vite. Faut suivre en s'accrochant sévère aux accoudoirs. Francis Ford s'est fait un gros plaisir en réalisant un film à l'Européenne. En choisissant l'Argentine comme espace à cette histoire, il inscrit une latinitude à ce récit proche d'un Almodovar. Bref, un movie que personne aux States n'aurait diffusé. Nouzôtres, on se tord un peu le nez pendant la première heure de projection, puis l'œuvre s'installe et nous embarque, sans regret.

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Opérette interdite de Bahman Ghobadi


Film à la limite du documentaire, réalisé avec des bouts de ficelle. Il nous entraîne dans l'univers musical underground en Iran. Pour information, au cas où vous seriez mous du bulbe, l'Iran est un immense pays héritier de la civilisation Perse. Aujourd'hui dirigé par une poignée d'allumés qui se réfèrent abusivement au Coran pour contraindre la population. Selon l'ayattola Khoménie, illustre auteur du petit livre vert, la musique serait une arme de Satan, qu'il convient d'interdire. Entretemps le manège s'est ralenti. Si la musique n'est plus interdite, elle doit répondre à des normes strictes à la con. Sinon point d'autorisation, parcequ'il faut demander, voyez-vous... Par exemple une chanteuse ne peut pas chanter seule, ce n'est pas hallal. Il faut qu'elles soit deux. 40 ans après Oum Kalsoum, on se demande de quel cerveau shiite est sortie cette idée saugrenue. Les religieux  de l'extrème aiment bien ces interdictions, ce qui en dit long sur leur méconnaissance des peuples de l'Islam, si riches en musique et poésie. A Téhéran faire de la musique n'est pas un jeu d'adolescents, c'est un combat politique. La jeunesse musiqueuse, entre deux séjours en prison, butine de caves en étables pour préparer des concerts clandestins. On répète des chansons, en voiture, sur l'autoroute. L'autoroute c'est mieux, on a plus de temps. L'autre sport national consiste à établir de faux documents, pour quitter le pays le temps d'un concert en occident. Tarifs prohibitifs. L'argent reste, ici comme ailleurs, le principal obstacle à tous projets. Nous découvrons cet univers en suivant Nader à un rythme effréné, impayable coach-manager au débit de tchache surréaliste. Il nous entraînent de groupes en groupes, tous sous la menace d'une dénonciation et d'une descente de police : Rockers harcelès par un gamin cafteur, rapers marginaux ancrés à leur sol, lutteurs d'un rap contestataire limpide et enfin émouvantes chanson et danse traditionnelles. Toutes expriment ce même cri, ce même appel à la liberté. Au sommet d'une tour en construction, un raper scande son appel désespéré « dieu, réveille toi, j'ai à te parler... ». Puis un soir, l'affaire tourne en eau de saucisse, la faute à la police. Ça ne finit pas bien. Là bas ce doit être un classique... L'intrépide réalisateur Bahman Ghobadi a passé sa vie en lutte contre ce pouvoir. Aujourd'hui, avec ses deux comédiens ils vivent l'injuste retour des choses et sont bannis d'Iran.


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avatar copieAbysses scénaristiques de James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana


Comme disait ma grand mère à propos de Holiday on ice : « Il y a de beaux costumes, c'est très coloré » elle aimait bien aussi le cinéma pour les mêmes raisons, Sissi impératrice. Eh bien Avatar, c'est la même chose. De belles couleurs, de beaux costumes et de surprenants effets spéciales (en plus). C'est beau, de bon goût comme le nouveau monde et c'est bien fait. L'histoire : les terriens exploitent une lointaine planète habitée par des bouseux, les Na'vi. Pour les contrôler, les terriens malins créent des « Avatars ». Une sorte d'infiltrés semblables aux autochtones, télécommandés à distance. L'ex-marine Jake Sully, paraplégique, s'en paie de belles dans la peau de son avatar, ambiance publicité Orangina-ile-du-docteur-Moreau. Il est bleu à rayures, ça lui plait bien. Chez les Nav'i  c'est cui-cui pouet-pouet, les petits zoiseaux. En face, ça rigole pas, il y a des quotas à tenir et les actionnaires tiennent les cordons de la bourse. Pas facile de choisir entre une civilisation qui avance en faisant des conneries et une qui stagne en tirant à l'arc sur des tulipes... Inévitablement ça cartonne, ambiance "les méchantes tuniques bleues contre les si attachants comanches grilleurs de roupettes", avec les scalps en moins. Nous ne sommes pas dans du Mel Gibson nous sommes dans du James Cameron (le réalisateur de Titanic, comme disent les cinéphiles). Bon, James Cameron est un super professionnel. Il ne nous a jamais impressionnés par sa créativité, mais c'est un faiseur supérieur avec de grosses moyens. Bravo. C'est un magnifique spectacle visuel. C'est du vrai grand cinéma à la Méliès, soufflant, j'adore. Allez-y Dimanche avec les mouflets, ils voudront revenir en deuxième semaine.

Avertissement : La version 3D est très bien, mais les lunettes spéciales font perdre 40% de luminosité. Faut choisir.

Avatars xl


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proposition smallWest-eastern pue la sueur de John Hillcoat

Avec Guy Pearce, Emily Watson


John Hillcoat réalisateur de “La route” semble se spécialiser dans les films de genre, là c'est un western qui nous est livré avec quatre ans de retard. Mon avis que les distributeurs profitent de la sortie de “La route” pour nous servir une nouvelle couche d'Hillcoat. Il ne manquait sur l'affiche que la béquille indispensable aux cinéphiles avertis, sous forme de patch con “Par le réalisateur de...”. Donc c'est un western, tellement à l'ouest qu'il est déjà à l'est, ou presque, enfin c'est limite, en Australie. Fin du dix neuvième siècle, dromadaires, kangourous, ornithorynques, bière. Quelques barbares pillent, violent et tuent. Bref, font des misères aux braves gens. Comme arrive le vingtième siècle, le sergent Stanley voudrait bien faire le ménage et civiliser ce petit monde, même par la force sauvage s'il le faut. Il applique certaines de ses idées novatrices, dont une proposition qu'on ne peut pas refuser à l'un des frères Burns (oui comme burnes, exactement). Mais ça ne marche pas comme ça, donc ça se complique. On apprécie au passage la délicatesse des rapports raciaux entre colons et aborigènes. Comme la délicieuse confraternité sociale du charmant continent. S'ajoute à celà une hygiène locale renforcée par des tourbillons de mouches infinis : Cheveux gras, ongles crasseux, ça pue les pieds, les aisselles et le pubis ranci plus fort que dans un western à la Bolognaise. Coté violence ça fait penser à Sam Peckinpah, mais en plus câlin. Nous voilà embarqués entre initiation et trip au soleil halluciné. l'Australie a une histoire, elle passe aussi par le colonialisme, le racisme, la justice expéditive. Ça fait Américain, mais en plus torride. La bande son de Nick Cave, rocker-troubadour bien connu des rats de concerts, vient superbement soutenir le scénario du même poète. Tout ça est très bonnard. Surtout quand on sait que la photo vient du Français Benoît Delhomme. Alors, donc c'est parfait...

  propo

 


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Qu'un seul tienne et les autres suivront

qu-un-seul-tienne.jpgRéalisme réaliste de Léa Fehner

Avec Farida Rahouadj, Reda Kateb


Trois histoires parallèles, trois épisodes désespérés qui foncent à vive allure vers un même butoir, boum. Enfin à vive allure, ce n'est pas à proprement parler la bonne définition. C'est un premier film, qui ne manque pas d'user de tous les modules chiants du cinéma chiant, pourtant ça ne l'est pas. On attend que les trois histoires s'imbriquent les unes dans les autres, alors que non. Elles ont seulement un point commun. Elles s'accompagnent  de concert jusqu'au même parloir de prison, se heurtant définitivement à une dérisoire table de formica, frontière infranchissable entre le monde des vivants et l'univers carcéral. Les uns ont besoin de parler pour tenir le coup à l'intérieur, les autres pour tenir le coup à l'extérieur. Et hop, viens tenir un p'tit coup à la prison. Trois histoires, trois groupes sociaux, trois raisons, une même détresse. C'est bien écrit, très bien écrit, certes un peu longuet au début. Mais c'est réaliste, alors forcément... Vous me direz, même la vie la plus foireuse possède des moments d'hilarité. Mais là non. C'est à croire que les auteurs dramatiques ne savent pas faire et s'ils le savaient, peut-être tutoieraient-ils le génie. Mais je digresse. On se laisse prendre, lentement, on veut savoir, on veut comprendre. C'est un film pour curieux. On ne relache pas l'attention. Et même à la fin, on reste dans son fauteuil à lire le générique où pourtant on ne connait personne. Quand j'y repense, c'est vraiment un bon scénario farci de surprises avec un casting taillé au fil du rasoir. Allez y, mais ne mangez pas trop lourd au préalable, La digestion est ennemie du genre .

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mensh smallPolicier dans le sentier de Steve Suissa

Avec Nicolas Cazalé, Sara Martins


Famille nombreuse, française, de confession juive. Tous travailleuses, travailleurs, sauf un. Dans la famille « Epicerie fine », je choisis le petit fils. Jeune et habile perceur de coffre fort, il aimerait rétablir une vie normale pour élever son fiston comme il faut. Enfin pour devenir un « mensh », qui veut dire en Yiddish « homme bien, qui travaille sérieusement pour élever ses enfants, en respectant sa famille et les règles de la tradition ». Le Yiddish est une langue très concise. Il faut aussi dire que la famille, qui n'est pas née de la dernière pluie, a bien compris que le gamin jouait avec les allumettes. Donc problèmes, mensonges, auxquels s'ajoute l'inévitable secret familial cinématographique. Celui là vient un peu comme un cheveux sur le foie haché, vers la fin. Il y a des gentils, des méchants et un gros connard. Ça défouraille un peu, très classiquement. Les acteurs sont bons, le scénario ne nous surprend pas, ni ne nous épargne « le dernier coup avant de se ranger des voitures ». Genre José Giovani avec kipa. Pour l'occasion, le fils Delon s'est laissé pousser la barbe, ça lui va bien. Les Delon sont de beaux garçons, ça énerve.

Mensh xl

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persecution.jpgDrame énervé de Patrice Chéreau

Avec Romain Duris, Charlotte Gainsbourg


Daniel est très occupé, très solitaire, très énervé et très insupportable. Il entretient une liaison avec Sonia (une jeune femme). Là aussi, les rapports sont énervés, comme si tout devait être tordu. Bref, des gens qui se torturent la psychologie. pour une histoire de cul bien ordinaire. Quand soudain, un inconnu s'introduit dans l'appartement de Daniel. L'encombrant personnage multiplient les visites à visées homosexekuelles, jusqu'à mettre en péril l'histoire amoureuse de Daniel et Sonia... Bon, Patrice Chereau n'est pas un rigolo. le théatre lui doit beaucoup. Mais depuis qu'il s'est mis à faire du cinéma, il s'est un peu hermétisé le talent. Si vous aimez son oeuvre, vous n'avez pas besoin de mon avis, mais si vous avez aimé « Saw VI » à mon sens ça ne va pas le faire. Maintenant, je serais bien en peine d'émettre une critique, attendu que je suis parti au beau milieu, n'en pouvant plus de lutter contre mon envie de partir au beau milieu. Le point d'orgue étant atteint par une conversation téléphonique sans fin, entre les deux amants. Je précise : Daniel-énervé parlant seul au téléphone avec en écho-voix-off Sonia-bibiche à l'autre bout de la ligne... Une conversation téléphonique... au cinéma... Mes avis que si les auteurs, dans le créneau de Patrice Chéreau, évitaient ce genre de plans, ils gagneraient en public. Je ne sais pas moi, à la place ils pourraient intercaler une course de char ou un duel dans la poussière...


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Anticipation déprimante de John Hillcoat

Avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee


Tout est cradingue, le ciel, la pluie, les fringues, tout. C'est l'après « Deux mille bouses » la catastrophe qui tue. On ne sait pas d'où ça vient, mais pour sûr que c'est la concrétisation de toutes nos peurs contemporaines. La pollution, le grand complot, la zone 51, les cailloux dans les lentilles. Dans la famille Mortensen Viggo, la mère est morte, reste le rejeton. Papa et son fils prennent la route pour le sud, vers là bas où il y a du soleil et des touristes. Ce chemin n'est pas facile, plein de carcasses de voitures et de cannibales. Faut faire gaffe. Rien à manger, que des sauterelles, l'hiver t'as gagné. Viggo se charge de l'éducation du fiston, entre le bien et le mal. Questions : c'est-y qu'on est des gentils porteurs de la flamme de l'espérance ou c'est-y qu'on est des méchants? La frontière entre les deux est fluctuante et facile à franchir. Et puis c'est-y aussi que la défiance... et c'est-y aussi que la violence par la violence ?... c'est-y ?... faut il vivre ou mourir, quoi c'est? et puis tout ça,... je vous demande un peu. Donc nous voilà dans un conte philosophique qui sent des pieds. Sur la route, donc ça marche. Sauf que le gamin âgé d'une douzaine d'années et qui n'a connu que cet univers, continue à gémir bruyamment quand le danger est proche, à trébucher quand il faut fuir et à croire que les intrus sont des Bisounours qu'il faut absolument aider, papa s'il te plait. Mes avis que le réalisateur ne connait que des mouflets nés à Beverly Hills. S'il avait voyagé dans mon quartier, il en aurait rencontré de plus saignants, se serait fait arraché sa caméra et nous aurait épargné ce môme trop lent à l'apprentissage, agaçant. Le livre est mieux, dit-on. Écrit par Cormac McCarthy (prix Pulitzer 2007). J'ai très envie de le lire. Bon le film ça va, dans la catégorie des « survivants », ça le fait, genre "Apocalypse 2024" (1974) et "Malvil" (1981). Si vous n'avez pas vu ces deux derniers, vous allez découvrir un genre angoissant pas mal foutu.



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Marchés publics scabreux de François Favrat
Avec Clovis Cornillac, Christian Clavier


Ça sent la magouille. Xavier Alvarez jeune aventurier un peu arriviste, s'est fait tout seul. Maintenant il voudrait bien décrocher un marché public, parce que voilà...
C'est un film initiatique sur les arcanes de la politique régionale et son train de communication, entreprises, sport, image et Rolex (mais pas trop). Tout ça raisonne comme complaisance et corruption où comment celui qui connait mal les règles du jeu se la fait mettre jusqu'à la garde, profond, ouille, bobo. Monsieur le député Clavier qui a des convictions, va vite-fait les adapter. Quant-à Cornillac-Alvarez-Rastignac qui l'aura tant aidé va précisément se la faire mettre (la grosse dont on cause). Car dans ce monde, les retours d'ascenseurs sont plombés et sans câble. Tout ça est un peu naïf, mais offre l'avantage d'être initiatique (ça je crois l'avoir déjà dit) et fonctionne plutôt bien. Les personnages sont bien interprétés alors on se laisse volontiers prendre par cet Alvarez tour à tour roublard puis subitement émotif primaire. Le manque de sang froid à ce niveau est plus qu'improbable, comme l'est sa Masérati, qui rajoute inutilement à la caricature. On peine aussi avec cette pièce maitresse qui repose sur un enregistrement vocal, dont on sait qu'en France ça n'a aucune valeur. Bref, après tout c'est du cinéma. Notons que beaucoup de l'intrigue tourne autour de l'appendice ridicule des blaireaux : Le téléphone portable, ses réseaux notamment et ses implications lobbyistes, faut voir. Bref avec « La Sainte Victoire », on apprécie les idéologies élastiques, les tractations tordues, les petites et les grandes trahisons, les manipulations, les activités souterraines, les basses besognes... enfin tout le cirque. Initiatique je vous dis, initiatique. Allez-y, mais ne dites pas que ça vient de moi. Il vaut mieux rester discrets.



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