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Film de guerre fiction de Tarantino
Avec Brad pitt, Mélanie Laurent, Chistoph Walz
Il y a des fois où tu voudrais être ailleurs. Pendant ce brillant diner, par exemple, où tu sens qu’à un moment, il va y avoir un désaccord profond entre toi et l'assemblée. Et ça ne rate pas quand jaillit la dernière question qui va te tuer. « Avez-vous vu le dernier Tarantino ? ». Quelqu'un a bien dit « Le dernier Tarantino ». Il ne s'agit pas d'un film mais de son auteur en son pinacle. Quand on en arrive là, autant dire que la partie est jouée d’avance. « Le dernier Tarantino » ne souffre pas la critique, aussi éclairée soit elle. Tu sais que si tu l’ouvres, toute la tablée va te fusiller du regard. Tu es mort à l’avance. Tu sais que tu vas avoir droit à toutes les tirades entendues qui valorisent ce film que tu n’as pas aimé, précisément à cause des facilités qui en font son succès. Tu devrais t’abstenir, mais c’est plus fort que toi, tu l’ouvres. Plaf, t’es mort. Tu as beau dire modestement, avec beaucoup de précautions, que le style copier-coller du film-jockey à la longue devient un moyen, qui n’a plus rien a voir avec la création. Que des films de guerre-fiction ils en existent de biens meilleurs « De l’or pour les braves » « Les rois du désert » « Les douze salopards ». autant de films qui ne franchirent jamais le seuil des boudoirs et qui ne furent jamais sélectionnés au festival de Cannes. Quant-à la caricature d’Adoph Hitler, elle te paraît bien fade après les passages de Charlie Chaplin et de Mell Brooks. Enfin, tu oses dire que c’est un film sans génie à l’exception de Christoph Waltz vraiment excellent et dont le jeu n’est pas sans rappeler celui de Tim Roth dans « Rob Roy » de Michael Caton Jones. Là, tu viens de tenter une sortie pour faire cultivé coté cinéma... mais de toutes façons, tu es mort. Mort de mort. Bref, « Unglourious basterds » est un film moyen, au titre empreinté à la version anglaise d’un film bourrin de Enzo Castellari et figurant au nombre des films cultes de Tarantino. Genre dont personne n’oserait parler en fin de diner, de peur de passer pour un beauf'. C’est très précisément cette pratique de salon qui t’énerve. Mais tout cela n’est qu’une vaine controverse, il en reste que ce film est consommable entre bd et série b, bien qu'il pue gravement sur le fond. Les deux heures trente passent facile, c’est un point positif. Mais si vous ne le voyez pas, rassurez-vous, vous ne perdrez rien. Tarantino a fait et peut faire mieux, Oublions vite ce facheux foiré.
Un jour, j'avais adoré "le dernier des frères Cohen" car "No country, etc." m'échappait tout le temps. Comme quoi l'alzheimer peut rejoindre le snobisme.
Pour revenir au dernier Tarantino, j'hésitais à ne pas aller le voir, mais après avoir lu ton papier, je suis décidé. A ne pas y aller.
Mais attention : ma charmante compagne acceptera-t-elle d'aller le voir avec quelqu'un d'autre, par exemple un chanteur italien, un danseur de rap ou un dessinateur cinéphile ?… le suspens reste entier…