Entremet Franco-Russe De Christian Carion Avec Emir Kusturica, Guillaume Canet
À Moscou, l’espionnite ça pouvait vous prendre à tous moments par derrière; dans une file d’attente chez
l’épicier, ou autrement. Bref comme je vous dis, si vous ne faisiez pas attention, vous vous retrouviez avec un colonel Sergueï Grigoriev calé sur le banquette arrière de votre Lada. Dans le
film, le Colonel est interprété par Kustu, j’adore Kustu. Il fait bien le colonel malgré sa morphologie de slave du sud, mangeur de tchévap. Guillaume Canet fait le Français. Il paraîtrait,
d’après le film, que les Français en espionnage sont toujours un peu à l’ouest. Le colonel Kustu voudrait bien faire tomber la grande union soviétique. Il est un peu seul. Alors il donne toutes
les recettes de goulasch à Guillaume Canet, qui les refile à Miterrand-Louis-XI. Mitterrand n’aime pas les choux rouges et fait son rototo sur l’épaule de Reagan (qui, à ce moment rêve
d’être John Wayne). Comme vous le voyez, c’est un film d’espionnage inspiré d’événements réels, avec des personnages et une publicité pour les appareils photo Minox parfaitement
authentiques. Le scénario est simple comme la DGSE et fonctionne très bien. On est loin des scénarii imbittables façon Hollywood, des effets spéciaux et des implants explosifs, qui font courir le
personnage principal plus vite que le transsibérien. Là c’est clair. Les espions, leurs épouses contrariées, les chefs d’états, le KGB, les vopos, les interrogatoires serrés, sont là pour faire
un bon film qui, s’il manque un peu de ressort, se laisse bien regarder.