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Lente descente au paradis des
gentils de Xavier Beauvois
Avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale
Ce film s’inspire librement de la vie des Moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996. Les pauvres furent massacrés. Et même ici, ça ne laisse pas place à la rigolade. En revanche, ce film a obtenu le César du meilleur film français 2011 et on voudrait bien savoir pourquoi. Je n'étais pas allé le voir parce que je m'attendais à voir des types en chemises de nuit, tournant entre quatre murs, figés du corps et de l'esprit, converser à mots feutrés sur dieu et l'humanité. Ponctuant à heures fixes leur vie de palourdes à coups de chansons creuses, du plus pur répertoire larmoyant catholique. Après son obtention du bloc compressé, j'ai donc décidé d'aller le découvrir sur le tard. Et oh surprise, j'ai très exactement vu ce que je m'attendais à voir. Ni plus ni moins. Ce film mérite à coup sûr le César de la prévisibilité. J'ajoute, qu'à ce point cela relève de l'intervention divine. Certes il y a un fond : l'humanité, la bonté, la tolérance, amen. Il y a matière à réflexion sur la foi, l'engagement, la foi, l'œcuménisme, la foi.... Mais plus pragmatiquement, on y voit des croyants au père Noël qui se font massacrés par des croyants au père fouettard. Sur le fond, personne ne nous fait la démonstration que ces pauvres bougres meurent parce qu'ils croient a des sornettes. Cette période de l'histoire algérienne a vu son lot de victimes. Le statut de moine semble néanmoins provoquer davantage de compassion, jusqu'à obtentir un sucre d'orge césarien pour un film moyennement intéressant et surtout très très chiant. Parce que ce n'est pas la valeur cinématographique du film qui est primée. On ne peut objectivement pas y croire. Mais c'est bien son ambiance curtonneuse qui emporte le morceau. Tellement digne, tellement sobre, tellement pudique... C'est grave docteur. Le film commence par le massacre de deux travailleurs croates. Ne doutons pas qu'eux aussi se posaient des questions comparables sur leur mission et leur présence en Algérie. Le film aurait-il été primé s'il n'avait parlé que d'eux « Des hommes et des pelles » ?
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