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Grosse pantalonnade de Michaël Youn
Avec Michaël Youn, Stéphane Rousseau
Quand Michael Youn décide de réaliser un film, on s'attend au pire, enfin pour ceux qui s'attendent toujours au pire, dès lors qu'un concept (mot étrange) dépasse l'univers de leur cuisine. Donc le drille, bien connu pour ses provocations potachères, est classé définitivement dans la boite « mauvais goût » pour une éternité. Personnellement j'ai toujours pensé qu'il avait du talent, enfin si mon avis personnel a une quelconque importance. L'histoire est celle de Fatal Bazooka, le rappeur créé par Michaël Youn dans son "Morning Live", puis développé dans l'album "T'as vu" vendu à plus de 500 000 exemplaires. On passe alors de la réalité à la fiction. Fatal vit le rap bling bling, vulgos. Il veut du uc et de fait s'entoure de segro fepous comme on les déteste chez les chiennes de garde. Faut vous dire m'sieurs dames, que 40 ans de féminisme n'ont pas résisté au raz de marèe du rap et de ses pétasses asservies à des brutes mythomanes. De ces chanteurs, la bouche pleine de galets, qui remplacent les voyelles par des «O » nord-germaniques et s'animent d'une gestuelle immuable proche du trouble psychomoteur. Donc le film évolue dans la dérision et ne respecte rien, le rap en prend sa part et l'électro pas moins. D'un coté une musique pour inadaptés inadaptables, de l'autre des résonances pour moniteurs de jet-ski (Aaah je me régale). Imaginez un Grand match Bouba VS David Guetta et vous êtes dans le ton. Tous sont roulés dans la farine, l'univers du show biz, la télé, la publicité, le public, tous sans espoir de réhabilitation. Tous les genres musicaux sont essorès, les uns après les autres; les gratteurs de guitare gentils, les groupes vocaux caritatifs, les chanteurs qui font chier (vraiment). Personne n'est oublié, tous repartent dos à dos avec la migraine des cheveux. Michael Youn possède non seulement un talent burlesque, c'est aussi un auteur inspiré. Si son film est d'abord une grosse déconnade, c'est aussi une satyre sociétale, comme je vous en cause. Pas un détail ne lui échappe. Drôle et con à la fois. Il faut aller le voir sans complexes, comme on lisait jadis 'fluide glacial'. Pourtant j'entends d'ici les critiques et leurs prouuuts pincés-fusants de cécoins du uc. Adèptes de l'humour « fin »; un truc qui n'a jamais existé... amusette entre gens bien élevés, qui savent entre eux ce qu'est le bon goût. Le bel esprit à ce point bien ancré, que le critique pris au piège, parce qu'il a ri pendant la projection, cherchera des périphrases pour sauver ce qu'il croient être son train de vie culturel, se raccrochant en bon pignouf, à son ultime bouée de sauvetage « le second degrés ». Enfin un dernier mot. Le comique est un art difficile, un auteur qui possède cette fibre est rare, précieux. Il faut l'aimer. Je vous le dis en vérité. Allez voir Michaël, dites lui que c'est moi qui vous envoie, il vous offrira des biscuits au vinaîgre..