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Tragédie antique à ressorts par Denis Villeneuve
Avec Rémy Girard, Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin
« Incendies » est adapté de l'oeuvre théâtrale du québécois Wajdi Mouawad (Québécois, c'est écrit dessus). Nous voilà propulsés dans un pays anonyme, arabe, chrétien ,qui parle français. Cherchez, trouvez... Le film est âpre, angoissant; pris entre drame familial et recherche des origines. Entre secret inavouable et impossible pardon. À la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes; l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l‘autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. À première vue, ça n'a l'air de rien, mais à mieux y regarder, la mère Marwam a réellement pété tous les plombs. Qui résisterait au cauchemar de sa vie ? Ce testament est une tartine d'amer qu'on ne souhaite à personne, ou plutôt si, à son pire ennemi ( si vous en avez un en mémoire...). Dame Marwam sur la fin nous offre à lire ses sentiments entre amour, haine et pardon. Une sorte d'anneau de Möbius en tuyau de poële. J'en connais plus d'un qui ne verrait dans sa démarche qu'un caprice post-mortem, qui ne soulage qu'elle et détruit la vie de ses mômes. Parce que ces trois là (trois, ils sont trois, il faut suivre), prennent un sacré coup de poing dans les cotes, le spectateur aussi, de facto. On ne se remet pas d'un secret familial comme celui là, sauf peut être dans les fantasmes d'apprentis psychologues urbains considérant avec angélisme cette abomination, qui écraserait comme une fiente le plus Conan des barbares. La guerre, le terrorisme, la torture, la mort, tout ça nous est livré en un blot angoissant, construit tel un Légo affolé; en une sorte d'ovni cinématographique, qui ne laisse pas indifférent et nous agite l'intérieur comme un shaker. La photographie est un peu faiblarde et semble traitée au filtre anti lumière. La musique est bonnarde. Ce genre de film n'est pas projeté partout, forcément. Il faut faire un effort pour trouver la salle, mais il en vaut la peine. Allez-y un mardi, le mardi est un bon jour pour les films qui secouent.
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