Partager l'article ! Même la pluie: Drame à vau-l'eau de Icíar Bollaín Avec Gael García Bernal, Luis Tosar Aaaaah que ça fa ...
www.haarg.net
Drame à vau-l'eau de Icíar Bollaín
Avec Gael García Bernal, Luis Tosar
Aaaaah que ça fait du bien d'aller au cinéma et d'y voir un vrai film avec une vraie histoire et de vraies images qui bougent. Sebastian, jeune réalisateur naïf et son producteur cynique plus vrai que nature, tournent un film en Bolivie : La bio d'un obscur moine dominicain, Bartolomé de Las Casas, qui jadis s'opposa aux atrocités de Christophe Colomb dans les iles. Comme le scénario est écrit par des gens qui fréquentent plus souvent des ramblas que sunset boulevard, il a le goût latin qui nous éloigne de la fade gelée de coing hollwoodienne. J'explique le canevas : Nous participons au tournage d'un film de l'intérieur, pour se retrouver à notre place, dans la salle à suivre Colomb et son aréopage d'abrutis cupides, coupeurs de mains; pour soudain être rappelés à la réalité, en terre bolivienne de nos jours, durant des émeutes provoquées par la privatisation de l'eau...même la pluie... La limite entre le tournage et la réalité est si tenue qu'on s'y perd au point de faire des parallèles entre l'empire espagnol du quinzième siècle et Veolia-Bolivie aujourd'hui. Enfin Veolia ou je ne sais quoi d'autre, mais ça y ressemble... Donc voilà, le film dans le film, son corollaire et sa mise en abîme, constituent un exercice acrobatique très habile (comme dit le journaliste qui sort de l'école). Pour le public c'est beaucoup plus simple, les alternances temporelles du récit ont une constante : « Les indigènes sont bons à faire » et la démonstration nous entraine jusqu'à la nausée. Retenons, que ces épisodes de la guerre de l’eau en Bolivie ne sont pas nés dans l’imagination du scénariste Paul Laverty, pas plus que les mutilations d'indigènes par Colomb, au nom d'Isabelle la grosse catho. C'est bien en cette année 2000, que l’agglomération de Cochabamba, vécu des affrontements où se comptèrent blessés et morts par dizaines. Le final est assez mélo, mais nous sommes au cinéma et il faut bien une fin. À savoir que la dignité du rôle ne fait pas le héros et que le salaud est peut être le moins pire. Voilà, ça c'est du cinéma, en VO uniquement dans les salles où on va d'habitude à reculons. Á ne manquer sous aucun prétexte, même en cas de guerre inter-galactique.