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Drame long-lent de Lee Chang-Dong
Avec Yoon Jung-hee, David Lee
Mamie a un petit fils vraiment trop con. Vous le reconnaîtrez, il est tanké devant la télé, laisse traîné les paquets de ship's et la bouteille de Coca sur la moquette. Il sait mettre les pieds sous la table et n'en fout pas une ramé (ça y est, vous voyez qui je veux dire?). Mamie, quant-à elle, commence à sucré les fraises avec des trous de mémoires de plus en plus fréquents. Soudain, elle veut faire de la poésie, poum !
« Poésie » justement c'est le titre du film, c'est dire qu'il n'est pas projeté dans le mutiplexe de Villeneuve la Garenne. La poésie, c'est bien, c'est un peu l'expression d'un bout de morceau de notre cerveau droit. Je ne parle pas de celle avec des vers et des pieds mesurés de l'art bourgeois; mais de la poésie du matin, quand on se regarde la bite en croyant voir un coléoptère. Mamie a du mal à trouver les mots, elle apprend à regarder les choses, mais quand il s'agit d'en parler, elle est un peu à sec. Ce manque d'inspiration va bien l'occuper. Comme ça c'est au poil, elle passe à coté (dans les grandes largeurs) du drame dans lequel son crétin de petit fils l'a entraînée. Si vous voulez savoir quoi, lisez le programme télé des encadrés. Le critique en pleine forme en fait une page et demie. Il nous raconte tout le film en s'écoutant écrire. Sans doute pourrait-il décrire un clou pendant trois pages, il faut un talent aguerri, qui doit beaucoup à l'imposture. Simplement, apprenons que la poésie est un bon herzats aux emmerdements. Je fais simple exprès, c'est ma définition personnelle d'icelle, qui n'a pas sa place dans les boudoirs où les cerveaux gauches la mettent en équations. Enfin, lentement (car c'est lent) elle assemble pièce à piéce ce qui palpite au fond d'elle-même et peu à peu construit son poème, qui achève le film en point d'orgue; comme on l'avait piffé dés le début. Le cinéma coréen nous offre à nouveau une création remarquable. Voilà, c'est un beau film, chiant mais beau. Vous pouvez aller le voir un mardi, c'est un bon jour pour les poètes.