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West-eastern pue la sueur de John Hillcoat
Avec Guy Pearce, Emily Watson
John Hillcoat réalisateur de “La route” semble se spécialiser dans les films de genre, là c'est un western qui nous est livré avec quatre ans de retard. Mon avis que les distributeurs profitent de la sortie de “La route” pour nous servir une nouvelle couche d'Hillcoat. Il ne manquait sur l'affiche que la béquille indispensable aux cinéphiles avertis, sous forme de patch con “Par le réalisateur de...”. Donc c'est un western, tellement à l'ouest qu'il est déjà à l'est, ou presque, enfin c'est limite, en Australie. Fin du dix neuvième siècle, dromadaires, kangourous, ornithorynques, bière. Quelques barbares pillent, violent et tuent. Bref, font des misères aux braves gens. Comme arrive le vingtième siècle, le sergent Stanley voudrait bien faire le ménage et civiliser ce petit monde, même par la force sauvage s'il le faut. Il applique certaines de ses idées novatrices, dont une proposition qu'on ne peut pas refuser à l'un des frères Burns (oui comme burnes, exactement). Mais ça ne marche pas comme ça, donc ça se complique. On apprécie au passage la délicatesse des rapports raciaux entre colons et aborigènes. Comme la délicieuse confraternité sociale du charmant continent. S'ajoute à celà une hygiène locale renforcée par des tourbillons de mouches infinis : Cheveux gras, ongles crasseux, ça pue les pieds, les aisselles et le pubis ranci plus fort que dans un western à la Bolognaise. Coté violence ça fait penser à Sam Peckinpah, mais en plus câlin. Nous voilà embarqués entre initiation et trip au soleil halluciné. l'Australie a une histoire, elle passe aussi par le colonialisme, le racisme, la justice expéditive. Ça fait Américain, mais en plus torride. La bande son de Nick Cave, rocker-troubadour bien connu des rats de concerts, vient superbement soutenir le scénario du même poète. Tout ça est très bonnard. Surtout quand on sait que la photo vient du Français Benoît Delhomme. Alors, donc c'est parfait...